Ce n'est pas un, mais deux livres qui sont primés cette année: les deux premiers tomes des Sauvages de Sabri Louatah, saga choc et addictive qui nous invite à une épatante contre-histoire contemporaine. Le romancier de 29 ans imagine le destin du député Chaouch, homme politique charismatique et favori pour devenir le premier Kabyle à accéder à la présidence de la République française. Mais le jour même du scrutin, celui-ci est abattu par le jeune Krim Nerrouche, sous les ordres de son cousin, le glacial Nazir. Un crime sans précédent qui va entraîner une course-poursuite endiablée entre services de l'Etat et apprentis terroristes, tandis que les banlieues s'embrasent aux cris de "Sarko assassin"...
A l'heure où triomphe la série Homeland sur les écrans, Sabri Louatah signe une variation française non moins imparable sur l'hystérie sécuritaire et les tensions religieuses propres à notre temps. Mais Les Sauvages ne sauraient se réduire à un simple thriller politique, si réussi soit-il. Admirateur de Dostoïevski et de Faulkner, le jeune auteur stéphanois réussit en effet à tisser au fil d'un récit acide et déjanté les trajectoires intimes de personnages mus par des forces qui les dépassent, le drame d'une famille déchirée par le crime et l'incompréhension. Un cocktail gagnant dont on guette dès maintenant la troisième "saison", attendue pour mars prochain...
Nominés
- La Déesse des petites victoires par Yannick Grannec (Anne Carrière)
- Ce qu'il advint du sauvage blanc par François Garde (Gallimard)