Le cinquième roman de Dan Brown devait s'intituler La Clef de Salomon. Ce sera finalement Le Symbole perdu, nettement plus fédérateur et facile à retenir. Le contenu, lui, n'a pas varié. Pas question de changer une formule qui gagne, celle de Da Vinci Code, avec ses 81 millions d'exemplaires vendus dans le monde depuis 2003. Il suffisait donc de remplacer Paris par Washington, le Vatican par la franc-maçonnerie. Et nous voilà repartis pour de nouvelles aventures avec le Pr Robert Langdon, spécialiste en symbologie, affublé de son sempiternel veston Harris Tweed et de son inoxydable montre Mickey. Il en aura bien besoin, car c'est justement une course contre la montre qui l'attend au Capitole : douze heures seulement pour retrouver son vieil ami Peter Solomon, franc-maçon initié au trente-troisième degré (le plus élevé), qui a été kidnappé par l'abject Mal'Akh, un fou féru de magie noire, castré, tatoué de la tête aux pieds, prompt à faire couler le sang. La CIA va devoir s'en mêler...

Heureusement, le valeureux Langdon pourra compter sur une chercheuse de haut rang, oeuvrant dans un labo secret ultrasophistiqué, empli de métasystèmes incompréhensibles pour le commun des mortels. C'est bien là que le bât blesse dans Le Symbole perdu : on n'y comprend goutte ! Malgré quelques explications bienvenues, le reste est un fatras de considérations scientifico-ésotérico-religieuses, qui finit rapidement par écoeurer le non-initié. Certes, les rebondissements sont incessants et le livre tient passablement son rang de page-turner. Mais Dieu que ce pavé est lourd !