A quinze ans, Sofie quitte Berlin pour accompagner son père, photographe et grand reporter, dans une réserve indienne à la frontière canadienne. Là-bas ils veulent tenter de reconstruire leur relation car, depuis la mort de la mère de Sofie quelques mois plus tôt, chacun s'est éloigné de l'autre. Mais le fils de la propriétaire du motel où ils se sont installés, Javik, seize ans, "dégage plus de lumière que la normale". Fascinés par leurs différences, Sofie et Javik passent leur temps ensemble. Le jeune Indien lui donne accès à son monde où s'entrechoquent beauté de la nature, souvenirs de chasseurs de baleines - le métier de son père défunt - et visions de créatures légendaires. Sofie l'aide à peindre un canoë pour les grandes fêtes traditionnelles Makah, découvre l'océan Pacifique, et les orques qu'ils vont admirer au large de la baie, en cachette. Au côté de Javik, la jeune fille élargit son horizon de citadine européenne : "Les limites de ton imagination sont les limites de ton monde. Mon monde est grand." C'est à la fois une belle histoire d'amour, la découverte d'une autre culture, d'un mode de vie, et la reconstruction de soi qu'offre Antje Babendererde, spécialiste des cultures indiennes dont on avait déjà apprécié Lune indienne. Sensible et dépaysant.