36 ans, né en Suisse, est l'auteur, notamment, de la série Le Scorpion, sur un scénario de Stephen Desberg. Le tome VI, Le Trésor du Temple, vient de paraître.
En gros... Il fait partie, comme Guarnido, de cette vague de dessinateurs au trait réaliste travaillant dans le cadre d'un courant qui continue d'alimenter la BD classique et narrative, dont l'apogée, dans les années 1980, fut symbolisé par le mensuel (A suivre) avec Servais, Sokal, Tardi, Denis... Mais la virtuosité de Marini le place au-dessus du lot.
... et en détail Page 37, case 2. «Ce qui m'intéresse, c'est le mouvement. J'ai toujours dessiné en imaginant un film. Sur le papier, j'aime essayer de rendre cette impression. Un bon dessin est un dessin lisible. Une fois le scénario de Stephen entre les mains, je construis un découpage de l'ensemble pour établir le rythme du récit. Si nous sommes tous les deux d'accord, j'y vais. Ce dessin n'est pas compliqué à faire. Je savais ce que je voulais. Les différentes cases qui décrivent le combat ressemblent à un déplacement de caméra autour des personnages. Ici, le cadrage est en contre-plongée. Je me concentre sur le mouvement puis j'ajoute le décor. La femme est plus éclairée, l'homme au masque, davantage dans l'ombre. Le contraste est accentué par l'arrière-plan. Plus sombre pour elle, plus clair pour lui. En fait, la chose difficile à dessiner, ce sont les mains.»
38 ans, né en Espagne, est l'auteur de la série Blacksad, sur un scénario de Juan Diaz Canales. Le tome III, Ame rouge, vient de paraître.
En gros... Il fait partie, comme Marini, de cette vague de dessinateurs au trait réaliste qui tisse des liens entre la bande dessinée et le cinéma - que l'on soit, ici, dans le genre policier n'est donc pas innocent. Il offre à ce courant, plus traditionnel, un beau contrepoint à la «nouvelle BD» des années 2000, conduite par Sfar, Larcenet et consorts. Mais la virtuosité de Guarnido le place au-dessus du panier.
... et en détail Page 29, case 6. «C'est le contrechamp de la précédente en plus rapproché. Je construis d'abord le découpage des 54 pages. Puis je dessine des petits croquis avec des têtes rondes pour trouver les cadrages. En apparence, ce dessin est simple. Dans un mouvement, on peut toujours tricher un peu avec les perspectives. Là, c'est plus difficile.
J'aime la profondeur, le décor léger en aquarelle. Blacksad est davantage dans la lumière que le duo. C'est une technique classique du dessin animé: le plan le plus proche de la caméra est sombre. Cela crée l'illusion du relief. En plissant les yeux, on peut se rendre compte de la profondeur. Les deux policiers sont de trois quarts dos. C'est difficile à dessiner, d'autant qu'ils doivent avoir l'air surpris. Je ne m'en suis pas mal tiré. Je ne cherche pas la difficulté, mais elle ne me fait pas peur.»