Elle n'est pas grosse, elle est un "fleuve de viande en crue", une masse où l'on ne distingue plus les seins des fesses, une plage où vient s'échouer son époux. Adèle noie le souvenir d'une jeunesse sinistre dans l'obésité, comme d'autres sombrent dans le kir royal. Ce roman d'une danseuse et acrobate de 46 ans - professionnelle de la légèreté, donc - touche juste dans ses premières pages. Mais l'histoire prend vite un tour rabelaisien : cinq femmes sont requises pour la toilette d'Adèle, les plafonds des voisins se fissurent, on est contraint d'abattre la façade de l'immeuble pour extraire notre "hippopodame", qui termine en pathétique attraction de cirque. Ce roman, qui aurait pu ressembler à une fable poétique à la Marcel Aymé, finit plutôt par évoquer les grosses dames de Dubout. Dommage.