Que signifie être un humain ? Voici la question que soulève ce roman de science-fiction époustouflant, primé deux fois et traduit dans vingt-deux pays. Nous sommes à la fin du XXIe siècle. Une catastrophe écologique a détruit une bonne partie de la planète, excepté un archipel de l'hémisphère Sud protégé par une barrière climatique. La jeune Anaximandre postule pour intégrer l'Académie, l'institution la plus élitiste de l'île. Le sujet de l'épreuve est cher à ses yeux. Il s'agit de la vie de l'apprenti philosophe Adam Forde (2058-2077), dissident pour les uns, héros pour les autres. Il laissa entrer une jeune réfugiée dans leur monde clos puis tenta de s'évader avec l'androïde censé le surveiller. La forme narrative choisie par l'auteur, l'interview, est d'abord déstabilisante. Mais à travers le jeu des questions-réponses entre Anax et les académiciens, c'est à nos propres interrogations que l'auteur nous confronte : qu'est-ce que la conscience ? L'intelligence artificielle peut-elle dépasser l'intelligence humaine ? Qu'est-ce qu'une société idéale ? Jusqu'où va l'éthique ?

Bernard Beckett est professeur de théâtre, d'anglais et de mathématiques à l'université de Wellington, en Nouvelle-Zélande. Il entreprenait des recherches sur l'ADN, lorsqu'il eut l'idée de Genesis. "Utiliser le thème de l'intelligence artificielle était le prétexte pour nous faire réfléchir, non sur les robots, mais davantage sur nous-mêmes. La question est clairement : dans quelle mesure suis-je moi-même une machine ? [...] La science nous oblige à trouver de nouvelles perspectives et à redéfinir nos anciennes valeurs." Avec ce texte, Beckett fait réfléchir autant qu'il captive mariant philosophie et romanesque. En bon prof, il surprend jusqu'au bout de l'examen.