Cinquante ans après sa disparition, Frida Kahlo revit à l'écran, sous les traits de Salma Hayek, splendide. Le film de Julie Taymor retrace la vie de la jeune Mexicaine qui, victime à dix-huit ans d'un terrible accident de tramway qui l'a handicapée à vie, devint une artiste de talent, envers et contre tout. Admirée par Picasso et Kandinsky, celle qui côtoya Breton et se fit reconnaître par les surréalistes mena sa vie artistique et sa vie amoureuse avec la même ardeur. Aussi fantasque que son mari, le célèbre peintre muraliste Diego Rivera, était volage, ses amours féminines en choquèrent plus d'un.
Frida Kahlo était un personnage haut en couleur et cette biographie, mise en images et en musique, lui rend hommage avec brio. Les toiles s'animent, peinture et réalité se mêlent dans de subtils fondus enchaînés. Le principal sujet de ses ?uvres, c'est elle-même, déclinée à toutes les époques de sa vie. Le film glisse alors de l'artiste à ses autoportraits, où la souffrance est sublimée par le pinceau. Seule son idylle, véridique, avec Trotski, recherché par Staline et qui trouva asile au Mexique, apparaît peu crédible, voire insolite lorsque les deux révolutionnaires, l'un vieillissant, l'autre éclopée, grimpent au sommet des pyramides mayas d'où ils admirent le paysage...
Le ton général du film, malgré une exaltation certaine, ne verse pas pour autant dans la caricature. Les dialogues surtout tombent juste, faisant résonner l'humour acerbe de cette femme de caractère qui, jusqu'à la fin, ne se laissa jamais abattre.