C'est une face de la Seconde Guerre mondiale peu traitée en littérature de jeunesse, celle de la Résistance du côté de l'Axe, qu'aborde Paul Dowswell. Le jeune Piotr Bruck, un Polonais de treize ans, perd ses parents dans un accident alors que les chars allemands envahissent son pays, en 1939. D'origine germanique, le garçon est repéré à l'orphelinat par les SS comme "de valeur raciale aryenne" et envoyé sur-le-champ à Berlin dans une "bonne famille", pour servir le Reich. Rebaptisé Peter par sa famille d'accueil, les Kaltenbach, le garçon est d'abord reconnaissant d'avoir une chambre confortable, de vrais repas et un semblant de vie normale. Mais, enrôlé dans les Hitlerjugend, il réalise peu à peu l'absurdité et la cruauté du national-socialisme. Pourquoi les énoncés d'arithmétique posent-ils toujours des problèmes de nombre d'armes allemandes supérieures à celles des Alliés ? Pourquoi cette manière obscène de parler des Juifs ? Pourquoi des comportements anodins entraînent-ils d'être dénoncé à la Gestapo ? Et quelle est la fonction exacte du professeur Kaltenbach à l'Institut scientifique ? Lorsque Peter rencontre Lena, dont il tombe amoureux, il découvre un monde d'ouverture : des caves secrètes où l'on écoute du jazz, des intellectuels qui aident des familles juives à se cacher. Sa guerre à lui commence.

Tout comme Le garçon en pyjama rayé, le best-seller de John Boyne, Etranger à Berlin prend pour décor une famille proche du Führer. Mais loin de poser le héros en victime impuissante du chaos, ce roman initiatique va plus loin. Il amène le lecteur vers l'apprentissage de la conscience politique et le choix du courage.