poisson20 : Peut-on réussir à se faire éditer sans passer par un agent?Paul OTCHAKOVSKY-LAURENS : Bien sûr, c'est d'ailleurs l'immense majorité des cas. Et pour ce qui me concerne, mais c'est une autre histoire, je ne prends pas en considération les manuscrits qui me sont communiqués par des agents.

Seccotine : A qui doit-on envoyer un manuscrit (en lettre simple ou en recommandé? ou bien un CD?) pour avoir une chance d'être édité. Par ailleurs, comment protéger le manuscrit ou le CD pour préserver les droits d'auteur, mais à prix très raisonnable?Paul OTCHAKOVSKY-LAURENS : L'adresse de la maison suffit (l'enveloppe contenant un manuscrit est assez facilement reconnaissable, nous avons l'habitude). Pas de CD ou de mails, seulement des tirages papier. Le recommandé si vous êtes anxieux (se).

ginb : Bonjour, Le salon du livre se déroule actuellement à Paris, cependant beaucoup de "petits éditeurs" n'y sont même pas conviés ; idem pour les auteurs qui n'y sont donc pas représentés. Pourquoi cette discrimination?Paul OTCHAKOVSKY-LAURENS : Les régions abritent beaucoup de stands de petits éditeurs. Mais il est vrai que les emplacements sont payants et qu'il y a de ce fait une censure économique.

Julie : J'écris des poèmes et des nouvelles (pour le moment), mais je ne sais pas trop à qui demander conseil afin de savoir si ce que je fais est bien ou non. Que conseillez-vous? Paul OTCHAKOVSKY-LAURENS : A votre libraire?

piloucat: y a-t-il un minimum de pages manuscrites, une histoire quelle qu'elle soit racontée, qui seront retenues? en résumé quelles conditions pour retenir votre attention? Merci.Paul OTCHAKOVSKY-LAURENS : Il faut, en général, qu'il y ait suffisamment de texte pour faire un livre. Sinon il n'y a pas de limites. C'est la qualité du texte qui compte, plus que sa longueur. Un texte de 3000 pages exceptionnel n'a pas moins de chances qu'un texte de, disons, 120...

Agrikola : Comment proposer à un éditeur la traduction française (à réaliser) d'un ouvrage (de fiction ou non) publié à l'étranger (à partir de l'espagnol ou de l'anglais, par exemple). Faut-il avoir les droits de la traduction? Traduire une page ou un chapitre? Résumer le livre? Traduire les sommaire?Paul OTCHAKOVSKY-LAURENS: Vous pouvez en effet traduire quelques pages, un chapitre. Mais je vous conseille d'abord de vérifier auprès de l'éditeur étranger que les droits sont libres. S'ils le sont, et si l'éditeur français est intéressé, c'est lui qui se chargera de les acheter.

Dubitative : J'ai écrit mon premier roman autobiographique et j'en prépare la suite qui est assez bien avancée mais je ne sais pas comment m'y prendre pour protéger mes droits d'auteur avant envoi à une maison d'édition. Pouvez-vous me renseigner ? Merci.Paul OTCHAKOVSKY-LAURENS : Je ne connais pas d'exemple de maisons d'édition ayant piraté des manuscrits qui lui ont été envoyés. Mais si vous y tenez et, moyennant finances, vous pouvez faire un dépôt à la SGDL, à la SACD, à la SCAM, au SNAC, etc.

ALTER EGO 2 : Une fois que le manuscrit est accepté par une maison éditoriale , quel est le rapport économique écrivant-éditorial?Paul OTCHAKOVSKY-LAURENS : Dans les maisons d'édition "normales", c'est à dire l'immense majorité, il y a un contrat, avec des droits d'auteurs sur chaque vente réalisée, en général 10% du prix de vente public hors taxe, jusqu'à 10 000 exemplaires pour commencer, et avec une échelle ensuite au fur et à mesure des ventes. Tout cela est très encadré juridiquement.

pierhel : pourquoi les manuscrits refusés ne sont-ils jamais retournés ?Paul OTCHAKOVSKY-LAURENS : Prenez l'exemple de P.O.L : 3000 manuscrits par an. Cela coûte très cher, c'est la raison pour laquelle nous demandons de nous envoyer soit des timbres soit un chèque de 5 ? pour le retour...

jaquin67 : sous quelle forme présenter un écrit à l'éditeur ?Paul OTCHAKOVSKY-LAURENS : Il faut qu'il soit passé au traitement de texte, que sa mise en page soit aérée, c'est tout.

Amiral Bleu : j'ai écrit un roman, pas encore édité! Le peu de personne l'ayant lu le trouve captivant et ils m'encouragent à écrire une suite. Toutefois je ne connais pas la recette miracle pour intéresser un éditeur! Ce qui est dommage!Paul OTCHAKOVSKY-LAURENS : Envoyez votre manuscrit aux éditeurs dont vous appréciez la production.

Julie : Que conseillez-vous pour progresser en tant qu'écrivain amateur ? Paul OTCHAKOVSKY-LAURENS : Lire, lire, lire.

Julie : Le métier d'éditeur est-il facilement accessible ? Si oui, quelle voie conseillez-vous pour y accéder? Paul OTCHAKOVSKY-LAURENS : Ce n'est pas évident. Mais il y a des IUT des métiers du livre, des mastères, des filières de formation. Il me semble que sur Internet vous devriez trouver tous les renseignements, les adresses. Ensuite le hasard, des stages notamment, permet l'entrée dans le circuit. J'ai moi-même commencé il y a quarante ans (...) par un stage chez Christian Bourgois.

chocolat : Je vous ai envoyé un manuscrit la semaine dernière. Allez-vous le lire?Paul OTCHAKOVSKY-LAURENS : Je le lirai, bien sûr.

heudebert : est ce que l'on peut envoyer un manuscrit écrit uniquement à la main, question très importante pour moi. Merci de votre réponse. Paul OTCHAKOVSKY-LAURENS : Vraiment c'est un peu difficile, à moins que la calligraphie soit impeccable.

Blaise : Un livre se doit de passer à la télé. Le pouvoir et la liberté: Qui du lecteur ou de l'éditeur ?Paul OTCHAKOVSKY-LAURENS : Absolument pas. Les neuf dixièmes des livres que je publie ne passent pas à la télé. Je ne comprends pas le sens de votre question sur le pouvoir. L'éditeur choisit, selon ses convictions, ses valeurs, ses goûts, le lecteur aussi.

lisabianca : quels éditeurs choisir pour envoyer son livre ? comment procéder? Pouvez-vous m'expliquer exactement le processus pour avoir une chance d'être édité et de taper aux bonnes portes? Seriez-vous d'accord pour m'aider et me servir de parrain en quelque sorte?Paul OTCHAKOVSKY-LAURENS : Il faut adresser votre manuscrit aux éditeurs qui publient des livres que vous appréciez particulièrement. Je ne puis être le parrain de personne... avant publication.

madeleine : Comment être sûr que le manuscrit envoyé VA ETRE VRAIMENT LU ?Paul OTCHAKOVSKY-LAURENS : Je ne sais si vous avez eu le début de ma réponse parti inopinément... Mais tous les manuscrits sont examinés, tous. Il en va de l'intérêt des éditeurs eux-mêmes...

Bch : le monde de la littérature semble très fermé! un petit monde qui donne l'impression de s'auto-congratuler. je vais donc être à l'écoute de vos conseils... pour savoir ce que recherche un éditeur pour publier un roman.Paul OTCHAKOVSKY-LAURENS : C'est faux, les éditeurs ont sans cesse besoin de nouveaux auteurs, de nouveaux talents, ils sont en général aux aguets, à l'écoute, sinon leurs maisons disparaîtront. C'est la raison pour laquelle les manuscrits envoyés par la poste sont tous examinés chez tous les éditeurs.

Jacques.V : J'écris des poèmes . Pas facile de trouver un éditeur. Comment connaître l'éditeur qui sera sensible à ma poésie? Merci.Paul OTCHAKOVSKY-LAURENS : Si vous écrivez de la poésie, je suppose, j'espère, que vous en lisez. Adressez vous aux éditeurs qui publient la poésie que vous aimez, dont vous vous sentez proche.

laquestionquitue : J'ai dejà déposé des manuscrits chez vous. Je les ai retrouvés intacts. Hormis le piston :Comment le faire lire?Avoir une réponse honnête?Pourquoi pas une rencontre avec l'auteur et une petite discussion pour juger de son potentiel tant physique qu'intellectuel? Merci pour la réponsePaul OTCHAKOVSKY-LAURENS : Je ne sais ce que vous entendez par "intact". Je ne lis pas forcément tout le manuscrit, je fais comme vous quand vous entrez dans une librairie avec le simple désir de trouver un livre. Je le parcours, je le regarde, il m'attire ou pas. Parfois je continue, dans l'ordre, parfois non. Je remarque parfois certains pièges (pages collées, etc.) je les laisse soigneusement en place... Je reçois 3000 manuscrits par ans, je ne peux recevoir chaque auteur. Et de toute façon, un livre doit se défendre tout seul.

Henri : Bonjour POL.Ce vendredi 13 j'ai entendu à la radio le commissaire général du Salon du livre parler de "bizness". Pour vous l'édition est-elle un "bizness"?Paul OTCHAKOVSKY-LAURENS : Principalement, non. Mais je trouverais insultant pour les auteurs, ou en tout cas désinvolte, de ne pas chercher à faire lire leurs livres : à les vendre. Et je ne peux pas ignorer la réalité; je dirige une entreprise, je dois la faire vivre, je suis aussi un commerçant.

universel : Recherchez-vous le singulier ?Paul OTCHAKOVSKY-LAURENS : Je ne recherche que ça!

Laurent : Quels sont les livres d'idées (essai) qui se vendent, s'il y en a ?Merci.Paul OTCHAKOVSKY-LAURENS : Je ne publie pas d'essais, en principe. Il m'est difficile de répondre à une telle question...

GIGI : En humour éditez-vous les textes courts comme par exemple des pensées? Merci.Paul OTCHAKOVSKY-LAURENS : En principe je n'aime ni les aphorismes ni les pensées ou pensers. Mais comme tout principe il souffre des exceptions, ainsi j'ai publié plusieurs recueils de "remarques" de René Belletto, ou des aphorismes de Hubert Lucot, alors...

FANFAN : acceptez-vous les premiers manuscrits ? Quels sont les principaux critères que vous retenez? Style, histoire, roman, essai, roman policier? Est-il exact que le contenu de la lettre de motivation décide en grande partie de la lecture du manuscrit? Trouvez-vous normal qu'un manuscrit soit retourné avec une tasse de café renversée au travers des pages ? Quel nom doit-on mettre sur l'enveloppe, il parait qu'un nom équivaut à un sésame. Merci d'avance et peut être à bientôtPaul OTCHAKOVSKY-LAURENS : Bien sûr, j'accepte les premiers manuscrits! Pour les critères, voir la réponse précédente. Je n'ai en tout cas aucune préférence pour aucun genre ni aucune aversion. Les lettres de motivation n'ont pour moi aucune importance. Quant à la tasse de café, tout le monde peut avoir un moment de maladresse. Chez P.O.L ., comme j'examine moi-même tous les manuscrits, le nom n'a aucune importance. Chez mes confrères il peut être judicieux de s'adresser, si on en a entendu parler, à un lecteur dont on imagine qu'il sera sensible à ce qu'on écrit. Mais de toute façon tous les manuscrits sont considérés, avec ou sans nom de destinataire

Jeanmi : Bonjour, Quels sont vos critères de sélection lorsque vous recevez un manuscrit ? Le thème, le style, la nouveauté ou au contraire la tendance du moment ? Acceptez vous les manuscrits d'artistes plasticiens qui écrivent ? Je vous remercie de votre réponse. Paul OTCHAKOVSKY-LAURENS : Les critères, c'est le livre lui-même qui les propose. Et je vois ensuite s'il tient ses promesses, s'il remplit les critères qu'il a lui-même suggérés. Ce à quoi je m'attache principalement, c'est la forme, l'écriture. Le thème, les thèmes, dans une fiction, ne valent que par la manière dont ils sont mis en valeur ou non par la forme. Je n'ai rien contre les artistes plasticiens qui écrivent!

medicis : La simple question "comment se faire éditer" suffirait : chez POL ou ailleurs il y a la petite porte des manuscrits envoyés par la Poste et que personne ne lit (ils ne correspondent pas "malgré leur intérêt" à la ligne éditoriale, envoyez 4,8 euros si vous voulez les revoir) et la grande celle qui s'ouvre parce qu'on a été annoncé. Bien sûr, parole d'éditeur, ça ne se passe pas comme ça! Alors combien de premiers Romans chez POL arrivés par courrier ??????Paul OTCHAKOVSKY-LAURENS : Je n'ai pas de statistiques précises mais, par exemple les premiers romans publiés depuis dix-huit mois (Pierric Bailly, Nina Yargekov et, au mois d'avril Aiat Fayez) sont tous arrivés par la poste. Et : Marie Darrieussecq, Martin Winckler, Camille Laurens, Emmanuel Carrère, pour ne citer que les plus connus, sont arrivés par la poste, je ne les connaissais pas, on ne me les avait présentés.