L'éditeur anglais Ford Madox Ford (1873-1939) aurait un jour prétendu qu'il pouvait juger de la qualité d'un manuscrit à la lecture de sa seule page 99, comme un coup de sonde en plein coeur du livre. Central Park de Guillaume Musso (XO) n'échappe pas au test. Cette page 99 donne-t-elle envie de lire son 11e roman?

L'auteur

Guillaume Musso, 39 ans, est l'un des auteurs français les plus lus. Depuis ses deux millions d'exemplaires écoulés avec Et après en 2004, il enchaîne les best-sellers et occupe régulièrement les premières places des ventes. Traduit en 36 langues, 3e au Palmarès annuel 2013, deux de ses romans ont même été adaptés au cinéma. Mais malgré un indéniable talent et de nombreux succès, cet ancien professeur en sciences économiques et sociales et passionné des Etats-Unis n'est pas apprécié de tous les critiques à qui il reproche de mépriser sa "littérature populaire".

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Le livre

Sans surprise, Central Park commence dans le parc mythique de New-York, aux États-Unis, ville dans laquelle Musso a vécu et pays qu'il chérit. C'est d'ailleurs son 10e roman qui évoque New York. Un problème de redondance cyclique? Mais passons. Alice, jeune flic parisienne, se réveille sur un banc menottée à Gabriel, un pianiste de jazz américain. Ils ne se connaissent pas, et n'ont aucun souvenir de leur rencontre. La veille, Alice était à Paris, Gabriel à Dublin. Stupéfaits, groggys, les deux personnages vont tenter de répondre aux nombreuses questions qui les assaillent: pourquoi y'a-t-il du sang sur le chemisier d'Alice, d'où provient l'arme qu'elle a dans la poche et pourquoi manque-t-il une balle dans le chargeur?

La couverture, semblable à celle de Demain, montre une femme -Alice, suppose-t-on- assise dos au lecteur, surplombant en partie New York, un pistolet posé à côté d'elle.

Voir aussi: la carte des romans de Musso:


Extraits de la page 99

Notre Lecture

Cette page 99 -issue de l'aparté "Je me souviens, Trois ans plus tôt" du chapitre 6- nous entraîne, comme son nom l'indique, dans un flash-back. Alice doit se rendre "dans une maison d'arrêt" -pour voir son père, apprend-on en lisant les pages 97 et 98-. Manifestement contre l'idée, elle se laisse convaincre par un autre personnage -qui s'avère s'appeler Paul-. L'écriture est efficace, rapide, ordinaire. Le vocabulaire employé par Alice colle à la représentation classique qu'on peut se faire d'une "jeune flic": énergique, aventurière au langage direct voire vulgaire.

Verdict

Coïncidence amusante, nous nous sommes confronté à une situation quasiment identique lors de notre test de la page 99 de La vie en mieux d'Anna Gavalda. À savoir un flash-back qui, s'il permet probablement de mieux cerner un personnage, ne nous aide pas franchement à comprendre le reste de l'intrigue. C'est néanmoins suffisant pour se faire une idée du caractère de l'héroïne flic, qui correspond d'ailleurs parfaitement au personnage féminin "à la Musso", comme le montre ce "générateur de phrases de Musso" made in Slate: "Elle a du caractère et de la personnalité, mais malgré une apparente solidité, elle reste fragile, un peu perdue".

Suffisant également pour constater qu'un autre "ingrédient de base" est présent dans Central Park, à savoir le flash-back, une des clefs de la narration des romans de Guillaume Musso. Ici aussi, l'histoire des personnages, riche et marquante, sera probablement déterminante pour résoudre les différentes énigmes qui s'imposeront à eux.

Cette page 99 nous donne-t-elle envie de lire la suite? Elle nous a en tout cas donné envie de lire les pages précédentes ne serait-ce que pour s'assurer que le personnage féminin est bien Alice, comprendre à qui elle parle et qui elle va voir en prison. Elle a également piqué notre curiosité. Page 100, nous voilà.

Voir aussi la bande-annonce du livre: