1. L'histoire de Narcisse Pelletier. Né en 1844, ce jeune matelot vendéen fut abandonné par l'équipage de la goélette Saint-Paul sur une plage australienne. "Adopté" par une tribu locale, celui qu'on surnomma le "Sauvage blanc" sera retrouvé des années plus tard par un navire britannique. Identifié puis rapatrié en France, il deviendra "garde magasinier au phare des Baleines à l'île de Ré".

2. Le roman ne se résume pas à un avatar de Robinson Crusoé. Avec finesse, François Garde narre le quotidien de son rescapé s'acclimatant à une nouvelle culture grâce à des lettres d'Octave de Vallombrun, gentilhomme (fictif) de la vénérable Société de géographie. Un procédé qui permet à l'auteur de nous rappeler certaines considérations "anthropologiques" édifiantes du xixe siècle.

3. Une langue magnifique. Classique et très élégante, la prose de François Garde sied à ce roman, qui s'interroge notamment sur le réapprentissage du langage et le rapport entre les choses et les mots. Ces considérations théoriques sont ici canalisées par la fougue de l'auteur et son sens de l'aventure. Plus palpitant que Koh-Lanta !