Avec l'argent que lui a légué son mari, emporté par la maladie au terme d'une "mort pénible", Celia s'est acheté un petit immeuble à Brooklyn. Depuis quatre ans, cette presque quadragénaire y loue trois appartements à des locataires triés sur le volet, avec pour mot d'ordre : "respecter l'intimité de chacun".
Aussi, lorsque l'un d'eux, George, célibataire homosexuel, insiste pour sous-louer son logement à une amie, le temps d'une parenthèse de quelques mois en France, Celia hésite. Puis accepte la venue de Hope, belle femme, un peu perdue, en rupture de ban conjugal. Mais la voici qui entame une liaison avec un type aux penchants sado-masochistes, tandis que le vieux monsieur du troisième étage disparaît... "Comme c'est étrange, quand les circonstances s'y prêtent, cette manière que nous avons de modifier nos fausses certitudes, de nous ouvrir ou de nous fermer", constate Celia, dont la vie va sortir de ses rails tracés par le poids du deuil.
Editrice d'envergure, l'Américaine Amy Grace Loyd connaît tant et si bien ses classiques que son premier roman sidère par la virtuosité de sa plume, dense, sensuelle, précise. L'admirable traduction de Jean Esch y est aussi pour beaucoup.
