1. Un traitement original de la question pénitentiaire
Bienvenue dans un monde ultrasécuritaire, régi par la PNRP (Politique nationale de regroupement préventif), dans lequel près d'un dixième de la population se trouve en "séparation effective" et subit d'insoutenables séances de "lecture contrainte"... Tel est le futur décrit par ce normalien de 40 ans (par ailleurs compositeur), dans son premier roman, le prometteur F.
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2. Une construction sans faille
Construit en trois parties et un épilogue, le récit fait alterner les points de vue de Linz, avocat (arbitrairement ?) enfermé à la prison de Schendorf, du directeur du pénitencier nommé Boehm, et d'un certain F., vrai faux taulard qui cache bien des secrets. Chaque chapitre viendra autant éclairer que rendre plus flou chacun des témoignages, et les différentes versions vont se mettre en abyme. Au fil des pages, une question se pose : où s'arrête la réalité et où commence la fiction pour les personnages ?
3. Des influences littéraires revendiquées
Si le titre F est évidemment un clin d'oeil au Joseph K. du Procès de Kafka, Luis Seabra multiplie les références assumées, de Borges à Foucault, en passant par Orwell. Ces grands noms n'écrasent pourtant pas l'auteur, qui leur rend modestement hommage dans ce bref roman labyrinthique, montrant que l'enfermement des individus peut commencer par la restriction des libertés de l'esprit.
