2001! Eh oui, nous y sommes! Pour ceux qui, en 1968, se sont plongés avec délices dans ce grand film de science-fiction où, pour la première fois, la vision de l'espace était réaliste, cette date leur paraissait bien lointaine. Y sommes-nous vraiment? Pas de monolithe noir sur la Lune: difficile à dire, nous n'y allons plus, trop cher. Pas de roue orbitale, pas d'hôtesse pour vous remettre votre stylo lorsque vous dormez en apesanteur, pas d' «ordinatueur», enfin, pas encore. Raté alors 2001? Mauvaise pioche M. Arthur C. Clarke?
Remontons le temps. Pour que cette date devienne aussi mythique que 1984, il a fallu la rencontre entre deux géants, Kubrick et Clarke. Le premier est un cinéaste indépendant, obstiné. Le second est un brillant scientifique, avide de savoir, doué de visions prophétiques. En 1945, il prédit l'utilisation des satellites géostationnaires de communications. En 1948, il écrit La sentinelle - la découverte sur la Lune d'un mystérieux objet indestructible, mis en place par des extraterrestres. Il s'agit là de la base même de 2001, l'odyssée de l'espace. En France, on découvrit le livre en même temps que le film, ce qui fit penser que ce roman n'était que sa novélisation. Personne ne sut que A.C. Clarke consacra quatre années de sa vie à aider Kubrick dans ce projet pharaonique.
Si nous n'y sommes pas tout à fait, ce n'est pas grave. Ces deux-là sont juste un peu en avance, comme tous les visionnaires. En revanche, ils ont su introduire dans nos esprits la petite flamme qui brillera de plus en plus: l'espace est là. Il nous attend! L'homme a-t-il la tâche suprême d'ensemencer l'Univers? Konstantine Tsiolkovski, l'un des pères fondateurs de l'astronautique, a cette phrase merveilleuse: «La Terre est le berceau de l'humanité, mais qui resterait toute sa vie dans un berceau?»
Arthur C. Clarke, cet Anglais modeste, vit désormais au Sri Lanka. Il a passé sa vie, comme Isaac Asimov, à écrire de nombreux articles de vulgarisation scientifique. Il est l'un des derniers auteurs de l'âge d'or. Les éditions Omnibus lui rendent un hommage mérité en compilant toutes ses Odyssées de l'espace qui débutent à sa première nouvelle et finissent en 3001, en passant par 2001 et 2010. Lecteurs, nous y sommes!