2009 avait été une année noire pour Johnny Hallyday. L'inoxydable icône du rock à la française avait frôlé la mort. S'en étaient suivis une longue dépression et un album en demi-teinte en 2011. Mais après cette période difficile, le chanteur abordait son 70e anniversaire "heureux", "requinqué", "tonique"... Ceux qui l'ont approché au cours des dernières semaines décrivaient un Johnny Hallyday galvanisé par ses récents succès. Son dernier album, L'attente, écrit sur mesure dans une veine blues-rock, a été un succès critique et commercial avec plus de 600 000 exemplaires vendus depuis sa sortie en novembre. Et après un démarrage plus lent que d'habitude, sa dernière tournée, la 181e, est finalement rentable, avec plus de 700 000 spectateurs.
Une cohue indescriptible
Le concert donné samedi soir par la star devant 20 000 inconditionnels de toutes générations à Bercy pour fêter son anniversaire était en accord avec sa forme retrouvée. Habillé d'une veste et d'un pantalon de cuir noir, le chanteur a entamé son show avec Que je t'aime repris en choeur par le public, tout en fendant la foule dans une cohue indescriptible pour arriver jusqu'à la scène. Souriant, le rockeur a ensuite passé en revue ses 53 ans de carrière, enchaînant les tubes Allumer le feu, Quoi ma gueule, Marie, profitant aussi de l'occasion pour saluer la mémoire de Michel Berger avec l'incontournable Quelque chose de Tennessee.
Les fans anonymes et les nombreuses personnalités présentes (Jean-Paul Belmondo, acclamé par le public, Jean Reno, mais aussi des politiques comme Patrick Balkany, beaucoup de gens des médias: Michel Drucker, Jean-Pierre Elkabbach, Laurence Ferrari, et bien sûr Laeticia Hallyday) n'ont pas écouté que Johnny, puisque pour ce spectacle retransmis en direct sur TF1, le septuagénaire s'est entouré d'invités, à commencer par son vieux complice Eddy Mitchell mais aussi Florent Pagny et Amel Bent pour une interprétation de Je te promets en duo. Aautre duo de choix: celui avec Charles Aznavaour.
L'Amérique en ligne de mire
Sitôt descendu de la scène à Bercy, Johnny devait filer dans le IXe arrondissement, à quelques encablures de son lieu de naissance le 15 juin 1943, pour donner un deuxième concert au coeur de la nuit, dans une salle plus intime : le Théâtre de Paris, à ses amis du show-business. Mais beaucoup ont prolongé le plaisir devant les boutiques de souvenirs, où l'on pouvait acheter mugs, t-shirts ou écharpes.
Ce show privé, pour lequel seules 600 places ont été ouvertes au public, devait avoir une tonalité plus rock'n'roll, selon cet amoureux des USA qui aime reprendre des standards d'Elvis ou Eddie Cochran en concert. Et si en 50 ans de scène, le rockeur n'a jamais réussi à faire décoller sa carrière internationale, Johnny a désormais le regard tourné vers l'Amérique. Il va enregistrer un album de duos en anglais pour lequel il espère s'entourer de certains des groupes phares de la scène pop-rock actuelle, comme Muse ou Phoenix. Et après deux concerts à Los Angeles et New York l'année dernière, le rockeur compte se lancer dans une tournée américaine. L'"idôle des jeunes a déjà "un petit public d'Américains, intéressés par le chanteur", assurait l'année dernière l'attachée de presse du chanteur au magazine des francophones d'Amérique du Nord FrenchMorning.com.