C'est la seule femme récompensée en cette rentrée littéraire. L'écrivaine Karine Tuil s'est vu décerner ce jeudi le prix Goncourt des lycéens pour son roman Les choses humaines, puissant roman autour d'une affaire de viol qui parle aussi de domination, des faux-semblants et du culte de la performance.
Ce roman, le onzième de la romancière de 47 ans, a remporté la veille le prix Interallié, et était également en lice pour le Goncourt et le prix Femina. Sorti en août, le livre s'est déjà écoulé à 34 000 exemplaires.
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"Je suis extrêmement émue car j'ai plusieurs fois participé au Goncourt des lycéens (...) C'est une très grande joie de participer à ces échanges avec les lycéens. D'autant que cette édition était particulièrement riche", a réagi la romancière dans la foulée.
Karine Tuil l'a emporté au premier tour avec 7 voix, contre 5 à Louis-Philippe Dalembert pour Mur Méditerranée. Elle succède à David Diop, récompensé en 2018 pour son roman Frère d'âme.
Dans la peau d'un juré d'assises
Dans Les choses humaines, il est question de sexe, de pouvoir et de médias. Alexandre, le fils brillant d'une famille en vue (Jean, le père, est un journaliste vedette de la télé, sa mère Claire est une essayiste féministe reconnue) est accusé de viol. Karine Tuil présente les faits sans fioriture et fait suivre de bout en bout le procès d'Alexandre.
Le lecteur se retrouve alors dans la peau d'un juré de cour d'assises. L'écrivaine laisse chacun de ses lecteurs se positionner avec son âme et conscience et prendre le temps de la réflexion.
2000 lycéens participants
Environ 2000 lycéens, appartenant à une cinquantaine d'établissements scolaires dans tout le pays, dont un lycée en Martinique, ont été embarqués dès la rentrée de septembre dans l'aventure par leurs professeurs, sous la houlette du ministère de l'Éducation nationale et de la Fnac. Des jeunes issus d'horizons très divers: du lycée agricole de Rodilhan (Gard) à de prestigieux lycées parisiens, de filières générales comme professionnelles, de classes de seconde à des BTS, de l'enseignement public comme privé.
Tous ont planché pendant deux mois sur la première sélection de l'Académie Goncourt, rendue publique début septembre. Soit 14 romans, dont certains ont déjà été récompensés ces dernières semaines par d'autres prix.
