Coup de griffe

On pourrait évidemment filer la métaphore cycliste et dire que Stephen Frears pédale dans le yaourt. Ou qu'il a été pris de fringale pour, à ce point, passer à côté de son sujet. Mais le résultat est là: The Program est sans doute la déception de l'année.

Adapté du récit de David Walsh, le film suit le parcours de Lance Armstrong époque dopage, alors qu'il était la "star" du peloton. Non que cette histoire soit inintéressante - le film lève le voile sur la méthode Armstrong - mais, enfin, elle est connue et, finalement, The Program n'en est que la synthèse.

Presque banal, alors qu'Armstrong est un tel personnage romanesque qu'il aurait dû être le sujet central du film. Quelles sont ses motivations? Quels sont ses ressorts psychologiques? Comment a-t-il imposé une omerta sur la profession et comment est-il devenu le parrain du guidon? Autant de question auxquelles le film ne répond pas.

Décrypter le bonhomme aurait, bien sûr, été plus compliqué que rester à la surface des choses, mais l'enjeu était là. D'autant plus dommage que Ben Foster (Armstrong), habitué aux seconds rôles, avait le coffre nécessaire pour jouer cet homme aux mille facettes. Il n'a, ici, pas grand-chose à faire. Quant à Frears, il continue sa carrière faite de sommets (The Queen) et de ratages (Lady Vegas, The Program). Il ne semble pas dopé, c'est déjà ça.

C'est Guillaume Canet qui interprète Michele Ferrari, "médecin conseiller" d'Armstrong. Il a été interdit à vie de préparer les athlètes en 2012.