C'est un puzzle envoûtant et sublimement pervers qu'a imaginé l'espagnol Carlos Vermut autour d'une femme aussi vénéneuse qu'instable et de trois hommes: son mari, un ex prof qui n'ose pas sortir de prison de peur de recroiser son chemin et un maître-chanteur. Le tout avec une mise en scène volontairement glacée et glaçante qui fait rejaillir, par contraste, de façon explosive la guerre des nerfs engendrée par cette succession de mensonges et de tromperies à laquelle chacun de ces quatre destins se retrouve inéluctablement lié pour le pire et jamais pour le meilleur, à cause de cette singulière manipulatrice.
Et une fois passée une mise en place un peu longue, ce polar se révèle aussi déroutant qu'envoûtant tant il joue brillamment avec les nerfs et l'esprit des spectateurs. Pedro Almodovar l'a qualifié de "révélation espagnole de ce siècle". Un compliment mérité qui prouve que l'auteur de La piel que habito - auquel La nina de Fuego fait énormément penser - a su reconnaître en Carlos Vermut un membre de sa famille artistique.
