Il va falloir un peu de temps pour s'habituer à cette vision. Pour la deuxième fois de l'histoire du Festival de Cannes, le logo de Netflix a surgi sur les écrans lors de la projection d'un film en sélection officielle. Et comme vendredi lors de la projection mouvementée du film Okjadu Sud-Coréen Bong Joon-ho, premier film de la plate-forme de vidéos en lice pour la Palme d'or, les sifflets ont retenti.
Une journaliste a capturé les quelques secondes de sifflets, mêlés d'applaudissements, qui ont accompagné ce dimanche la projection de The Meyerowitz stories, le film américain de Noah Baumbach avec Adam Sandler et Dustin Hoffman. Un film qui a d'ailleurs, sans que cela n'ait à voir avec sa production, n'a guère enthousiasmé notre critique cinéma...
Ce petit incident de projection est à ajouter au feuilleton qui se déroule ces derniers jours sur la Croisette, les professionnels s'interrogent sur les conséquences de voir des films produits par la plate-forme de vidéos en ligne ne pas passer par la case cinémas.
En France, le débat a enflammé les distributeurs, inquiets que les films Netflix ne sortent pas en salles ou ne respectent pas la réglementation, qui impose un délai de trois ans avant qu'un film puisse être disponible sur une plateforme de vidéo à la demande par abonnement.
Un jury divisé
Le jury de cette 70ème édition est lui-même divisé: le président Pedro Almodovar pense que "ce serait un énorme paradoxe que la Palme d'or ou un autre prix à un film ne puisse pas être vu en salles". Tandis que l'un des membres de son jury, l'acteur Will Smith, a estimé que "Netflix n'empêche pas d'aller voir des films en salle".
Face au tollé, les organisateurs du Festival de Cannes ont déjà modifié leur règlement, imposant à partir de 2018 que tout film en compétition sorte en salles.
