Le dîner de famille est un genre à part entière au cinéma. Pensez Festen, Le prénom, Mon beau-père et moi... où les membres d'une famille se retrouvent pour une occasion X ou Y et en arrivent à régler leurs comptes. Dans Un été à Osage County, la disparition du patriarche conduit ses ouailles à regagner le trou paumé où elles ont grandi et où reste leur mère, lunatique et acariâtre.
Meryl Streep est parfaite en malade accro aux médicaments. Un rôle à Oscar, comme on dit, où elle compose le tableau d'une femme hors normes, comme elle en a désormais l'habitude. Face à elle, la riposte est de qualité. Julia Roberts en fille qui assume mal sa séparation, Juliette Lewis en désaxée, Ewan McGregor en mari infidèle. Hélas, les personnalités sont trop stéréotypées et la catharsis ne surprend jamais vraiment le spectateur.
Le seul comédien à s'en sortir dans cette famille qui fonctionne sur le mode hystérique, c'est Benedict Cumberbatch. Entre Le cinquième pouvoir, où il adopte la blancheur albinos du cynique Julian Assange, et ce portrait d'un fils méprisé par sa mère, il est une nouvelle fois méconnaissable et toujours juste. Ce qui n'est pas toujours le cas du film qui additionne les secrets de famille dans un tour de plus en plus rocambolesque. Jusqu'à en friser le ridicule !
