Le geek, c'est chic. La preuve en images avec The Social Network, ou la vie, et surtout l'oeuvre de Mark Zuckerberg, alias Mister Facebook. En l'espace d'une scène d'ouverture, David Fincher a défini le handicap de ce personnage d'inadapté social. Face à sa petite amie, l'étudiant d'Harvard lui expose comme une évidence ses espoirs d'accéder à des sphères qu'elle ne fréquentera jamais qu'en rêve. La baffe encaissée, la belle le plante en compagnie de sa bière. Une gueule de bois plus loin, le frisé a piraté le système informatique d'Harvard pour y récupérer les photos de toutes les étudiantes et les mettre en concurrence sur un site sommaire visant à élire la plus jolie. De quoi assoir sa réputation de futur Bill Gates... et d'enfoiré notoire. Mise en scène sobre et scénario prenant, The Social Network tire sa saveur de la complexité de ce personnage d'extraterrestre, boursoufflé de suffisance, visionnaire sans le savoir, génie égocentrique écrasant, dans sa course folle vers les étoiles, le seul véritable ami qui lui reste. En la matière, le jeune Andrew Garfield apporte la dimension humaine qui commence à faire défaut au créateur de Facebook. Au-delà de la simple bio de Zuckerberg, ou d'un produit surfant sur le phénomène Facebook, Fincher délivre un film solide sur les multiples facettes de l'Homme, et sur la solitude liée au génie.