Décidément, les adaptations de romans réussissent à Alain Corneau. Après Jim Thompson (Série noire), Antonio Tabucchi (Nocturne indien) et Pascal Quignard (Tous les matins du monde), il porte à l'écran, avec bonheur, Stupeur et tremblements, le best-seller d'Amélie Nothomb. Les amoureux du livre retrouveront en images la fluidité et l'humour qui sous-tendent cette ?uvre riche en monologues intérieurs, pourtant difficiles à transposer au cinéma. Et les autres se régaleront à découvrir un récit initiatique des plus douloureux, traité avec un raffinement décalé. Un récit dont l'héroïne trouve son identité en se confrontant au mode de fonctionnement impitoyablement hiérarchique de la société japonaise et en résistant tête haute, telle une vraie Nippone, à des humiliations sadiques. En effet, cette traductrice se retrouve finalement employée à nettoyer les WC de la société qui l'a embauchée.