Article paru dans le numéro 233 de Studio (avril 2007)

En vingt ans, il a réalisé quinze films, dont quelques chefs-d??uvre, remporté trois Oscars, ouvert de nouvelles voies technologiques en créant des dinosaures plus vrais que nature. Il a initié et produit des films, des séries et des programmes télé, créé et codirigé un studio, lancé une fondation dédiée à la Shoah? Parce qu?il est un auteur majeur du cinéma depuis deux décennies, Studio l?a choisi comme grand témoin de ce numéro anniversaire.

Quel est votre sentiment lorsque vous vous retournez sur ces vingt années ? Steven Spielberg : J?ai du mal à revenir sur le passé ; je suis entièrement projeté dans l?avenir, entièrement tendu vers des choses que je n?ai pas encore faites. Je n?ai que 60 ans, je me sens comme un jeune homme qui cherche ce qui, dans son travail, va l?inspirer, le stimuler, représenter un défi?

En quoi avez-vous le plus changé depuis 1987 ?C?est peut-être dans mon rapport au succès et à l?échec que j?ai le plus évolué. Pendant les dix-sept premières années de ma carrière, j?ai eu énormément de succès. Mais plus vous en avez, plus vous courez le risque de rencontrer l?échec. Et l?échec est quelque chose que j?ai du mal à admettre. Plus jeune, lorsque le public boudait un de mes films, je pensais qu?il était raté. Je ne vois plus les choses comme cela maintenant ; j?ai mûri. Certains de mes films peuvent avoir été des flops au box-office ? L?empire du soleil, par exemple, ou Always ?, et pourtant, j?en suis fier. Always est un petit film que j?aime beaucoup, mais apparemment, je suis le seul. (Rires.) En même temps, ces films remontent à la période où j?ai pris le plus de risques, où j?ai tenté le plus d?expériences. Aujourd?hui, je peux évaluer un film du seul point de vue de mon cheminement artistique, même si, en tant que producteur, dirigeant de studio ou simplement homme responsable, je me suis senti coupable de faire perdre de l?argent au studio, comme cela a été le cas avec ces films ou Munich.

Si vous deviez ne garder qu?un seul moment de ces vingt ans de vie professionnelle, quel serait-il ?Je resterai accroché jusqu?à mon dernier souffle au moment où j?ai emmené à Jérusalem les Juifs qu?Oskar Schindler avait sauvés ? enfin, quelques centaines, venus du monde entier ?, pour lui rendre hommage dans le cimetière chrétien où il est enterré. Je les ai filmés pour la scène finale de La liste de Schindler, qui n?était pas prévue dans le scénario. Elle a donné de l?authenticité à l?histoire, à l?action désintéressée de Schindler, à sa droiture. Je sortais à peine de l?expérience très forte du tournage et je me suis retrouvé à Jérusalem avec ces trois cents survivants. Ils sont tous devenus comme mes parents ou mes grands-parents?

Et si vous deviez ne garder qu?un seul de vos films ?Ce serait, bien sûr, La liste de Schindler, pour toutes les raisons que vous pouvez imaginer.

Et si vous ne deviez garder qu?un film réalisé par un autre metteur en scène ?Ce serait forcément un film que j?ai adoré. Il y en a tellement? (Il réfléchit.) Probablement Pulp Fiction. Il contient une telle richesse d?émotion et de plaisir? Il a représenté le sommet du cinéma indépendant ; il a ouvert la voie à de nombreux jeunes réalisateurs qui ont pu soudain montrer qui ils étaient. J?ai vu Pulp Fiction autant de fois que Le parrain. C?est dire?

Quelle a été votre plus grande déception personnelle de ces vingt ans ?La vente de DreamWorks. (Il s?interrompt et réfléchit.) Non, la manière dont beaucoup de Juifs d?Amérique et d?Israël ont mal compris Munich. Le film a été littéralement descendu par des gens d?extrême droite aussi bien que d?extrême gauche, par des intégristes. Moi, mon seul souci était de chercher la vérité, de plaider pour la paix. C?est la première fois qu?un de mes films est pris pour cible pour des raisons politiques.

Vous estimiez que c?était votre devoir de cinéaste de dénoncer la loi du talion, de participer à la construction de la paix au Moyen-Orient ?Oui. Je ne m?implique pas seulement en tant que cinéaste, à travers mes films, mais aussi dans diverses actions philanthropiques et humanitaires en faveur de la paix au Moyen-Orient. Je suis un activiste tranquille qui croit profondément au droit d?Israël, mais aussi à une solution pour qu?existe un État où cohabiteraient deux nations. Mon amour et mon soutien pour Israël sont tellement évidents que j?ai été très surpris et très blessé que des Israéliens puissent penser que je me retournais contre eux. C?est la dernière chose que je voudrais faire.

Qu?est-ce qui a le plus changé à Hollywood ?C?est qu?on dépense des sommes extravagantes juste pour traquer le succès et remporter la course. La compétition entre les studios est pire que jamais. Ils dépensent des centaines de millions de dollars dans des coûts négatifs et en salaires pour les acteurs et les metteurs en scène. À cela, il faut rajouter des centaines de millions dépensés dans le marketing.

C?est un danger pour le cinéma ?La situation est explosive. Ce phénomène peut conduire tout le système à la banqueroute. Il suffit de quelques échecs successifs à 200 millions de dollars pour que le système s?effondre et qu?on assiste à une sorte de désintégration nucléaire à Hollywood. Chez DreamWorks, on essaie de contenir le coût des films. Chez Paramount aussi. L?industrie est aujourd?hui entre les mains des agents artistiques [qui représentent notamment acteurs et metteurs en scène]. Tous les studios devraient lutter contre cette situation et reprendre le pouvoir.

Et dans la manière de raconter les histoires, quelque chose a-t-il changé ?Je ne crois pas. Il y a toujours à Hollywood deux types de productions : celles qui exploitent un filon jusqu?à épuisement et celles qui inventent de nouveaux concepts, racontent des histoires encore jamais vues. C?est pour cela qu?Hollywood fonctionne. Dans ce deuxième courant, il y a généralement de jeunes réalisateurs, encore naïfs et très créatifs, qui, après un succès modeste sur le terrain difficile du cinéma indépendant, se voient confier une centaine de millions de dollars pour surfer sur le premier courant. Certains se laissent corrompre, d?autres n?oublient rien de ce qu?ils sont. Comme Christopher Nolan, qui, après avoir fait un film très ambitieux, Memento, est allé faire un formidable Batman, puis est revenu à son point d?origine avec Le prestige, un de mes films préférés de 2006. Pareil pour Alfonso Cuaron, qui a fait quelques beaux films, a tourné Harry Potter qui a remporté des fortunes, puis a tourné Les fils de l?homme, également un de mes films préférés de 2006, avec même le meilleur de ce qu?on trouve dans un film. Cuaron a accompli un travail hallucinant ; il a créé un avenir à la Orwell bien meilleur que tout ce qu?on a pu voir inspirer d?Orwell.

Y a-t-il des metteurs en scène nés ces vingt dernières années que vous admirez et dont vous pourriez être jaloux ?J?ai vu et adoré beaucoup de films. Ils ne m?ont pas rendu envieux pour autant. Au contraire, un bon film me donne envie de faire des bons films et un mauvais film me donne envie d?arrêter. Mais cette envie ne dure pas plus de cinq minutes, alors que l?impact d?un bon film est stimulant pour toujours.

Qu?est-ce qui vous frappe dans le cinéma mondial aujourd?hui ?Chacun se bat pour préserver son identité. Les cinéastes français, bien sûr, dont je suis toujours aussi friand. Et regardez, cette année, l?explosion du cinéma mexicain : Iñarritu, Del Toro, Cuaron. Comme ce qui se passe pour le cinéma chinois depuis une dizaine d?années. Et les films sud-coréens. Old Boy, par exemple cartonne, dans les lycées. Je vois l?impact de ces films sur mes enfants. Ce sont même eux qui attirent mon attention sur ce cinéma asiatique.

Êtes-vous inquiet pour l?avenir du cinéma en salle ?Je crois qu?il y aura toujours des salles de cinéma. Bien sûr, les gens achèteront des écrans de télévision de plus en plus grands et ils aménageront des minisalles de projection chez eux. Mais rien ne remplacera le plaisir de voir un film au milieu de gens que vous n?avez jamais rencontrés. Ce ne sera pas remplacé, car c?est irremplaçable.

Qu?est-ce qu?Internet peut changer dans le cinéma ?Internet a changé la donne sur la circulation de l?information. Lorsque les gens voient un film le vendredi [jour de sortie aux USA] et l?aiment, ils vont le dire sur MySpace ou sur leurs téléphones, et la fréquentation du samedi explose. S?ils le détestent, c?est le contraire. Le bouche-à-oreille fonctionne à la vitesse de la lumière.

Et le piratage ?Ce n?est pas les salles que le piratage met en péril, mais le système tout entier. Et, en tant que cinéaste, je regrette que, à l?heure où l?on accorde de plus en plus de soin à la qualité de l?image et du son, certains se contentent de regarder les films sur l?écran de leur iPod ou de leur téléphone. C?est un peu la défaite du savoir-faire et de l?imagination.

Avez-vous vécu la vente de DreamWorks comme un échec ?Non. Si cela avait été un échec, on ne l?aurait pas vendu 1,6 milliard de dollars ! Le prix que Paramount a payé est la preuve de notre succès en douze ans. David Geffen a pensé qu?il était temps de rendre à nos investisseurs l?argent qu?ils avaient misé. La bonne nouvelle, c?est qu?on a pu garder notre autonomie et qu?on va pouvoir décider à quels films on veut donner le feu vert.

Vous avez réalisé dernièrement vos deux films les plus noirs, Minority Report et La guerre des mondes, des sujets a priori loin de vous?Ils pouvaient sembler loin de moi avant le 11-Septembre. Après les attentats, j?ai senti qu?il était indispensable de raconter une histoire comme Minority Report, notamment parce qu?en Amérique, au nom de la lutte contre le terrorisme, on nous demandait d?accepter de perdre nombre de nos libertés civiles, d?être espionné, de voir nos lignes de téléphone placées sur écoute? Pour moi, ce film traite des retombées politiques du 11-Septembre. La guerre des mondes aussi, d?une certaine façon. Il reflète la paranoïa de beaucoup d?Américains d?être attaqués de l?intérieur, sur notre propre territoire, et illustre aussi cette menace sur nos vies privées dont l?administration républicaine assure que c?est pour notre bien. Ces deux films ont Tom Cruise pour héros.

Quel collaborateur est-il ?Excellent. Il est très sain. J?aime travailler avec lui parce que nos rapports sont basés sur la confiance. Et lorsqu?il fait confiance à un metteur en scène, il s?abandonne. Il est alors capable d?aller dans des endroits où, émotionnellement, il ne va pas souvent devant la caméra. Plus il va avancer en âge, meilleurs seront ses rôles. Il ne voit pas uniquement son personnage, mais considère le projet global. En fait, c?est plus qu?un acteur ; c?est un réalisateur qui n?a pas encore fait de film. S?il se décidait à sauter le pas, je suis sûr qu?il ferait des merveilles.

La sortie de La guerre des mondes a été marquée par la médiatisation de son histoire d?amour avec Katie Holmes et de son appartenance à l?Église de scientologie. On avait le sentiment que cela vous mettait mal à l?aise?J?étais très fier du film, très fier du travail de Tom, très fier du mien. Tom avait à ce moment-là des préoccupations différentes, dont il avait envie de parler. C?était son droit absolu. Et puis, il y a toujours cette manière dont la presse, surtout l?été, fait ses choux gras de la vie des gens célèbres.

Cette fois, c?était Tom Cruise qui menait le jeu. On ne sait jamais qui mène le jeu. En tout cas, l?expérience du tournage, et même de la sortie, de La guerre des mondes ne m?a laissé aucun mauvais souvenir. Le film a fait 600 millions de dollars dans le monde et je ne peux donc pas dire que qui que ce soit ait fait quelque chose qui a dissuadé le public d?adhérer à cette histoire.

Est-ce vrai que pendant le tournage, vous avez organisé une projection de Full Metal Jacket pour l?équipe ?Non. Cela fait partie des légendes.

À propos de Stanley Kubrick, vous souvenez-vous de votre dernière conversation avec lui ?Très bien, mais? je ne vais pas vous la raconter ! (Rires.) J?ai beaucoup de souvenirs avec Stanley, mais c?était un homme très discret. Il y a des tas de choses qu?il voulait garder secrètes. En ne disant rien, j?honore sa mémoire et notre amitié.

Est-ce vrai que, pour A.I., il vous avait demandé d?avoir un fax spécial et de l?enfermer dans un placard ?Quand nous tournions A.I., il voulait pouvoir me communiquer ses idées n?importe quand. Il m?avait demandé de mettre le télécopieur dans un endroit proche de moi pour que je voie arriver ses notes. Je l?avais installé dans ma chambre à coucher, mais, à cause du décalage horaire, il s?est mis à sonner à 2, 3, 4, 5 heures du matin. Ma femme m?a dit : "Je ne peux pas être mariée à vous deux !" Je l?ai descendu dans le salon, et le matin, après avoir accompagné les enfants à l?école, je lisais ses fax tranquillement?

Vous avez fait tourner trois fois Tom Hanks, votre ami de longue date. Quel est son atout majeur ?Entre le capitaine Miller du Soldat Ryan, l?inspecteur Carl Hanratty d?Arrête-moi si tu peux et le Viktor Navorski du Terminal, cherchez Tom Hanks ! Il peut disparaître dans la peau de ses personnages et nous faire oublier jusqu?à son nom. Bien sûr, c?est une star, un héros, mais si vous regardez l?ensemble de son travail, c?est sans doute l?un des acteurs de composition les plus étonnants et les plus variés de toute l?histoire du cinéma américain. Sans compter ses qualités humaines. C?est pour ça que j?aime travailler avec lui.

Vous avez également travaillé avec Leonardo DiCaprio?C?est un technicien hors pair, qui sait analyser son jeu mieux que personne. Il regarde l?écran de contrôle entre les prises pour s?étudier et aller encore plus loin. Mais c?est aussi un véritable artiste, qui fait ressortir ce qu?il y a de plus profond dans le personnage. Je n?ai jamais travaillé avec quelqu?un comme lui. J?ai hâte de recommencer.

On vous prête régulièrement des projets qui ne se font pas, ou pas sous votre direction. Ce choix du «prochain film», c?est difficile ?Choisir le sujet suivant est ce qu?il y a de plus dur. J?ai appris à être prudent, à ne pas trahir mon intuition, à ne pas penser à un sujet à un point tel que je l?épuise. C?est le plus grand danger. Souvent, s?il se passe trop de temps entre la lecture d?un roman ou d?un scénario qui m?inspire et le moment où l?on doit mettre les choses en branle, je ne fais pas le film. Mes meilleures décisions sont impulsives.

Qu?est-ce qui fait le déclic ? Le sujet ? Les acteurs ?Je ne sais pas? La raison pour laquelle je fais un film reste le plus grand mystère de ma vie. Je ne peux pas l?expliquer de manière rationnelle. Mais c?est bien que ça reste un mystère. Quand on fait du cinéma, tant de choses relèvent de décisions objectives que c?est bien que quelque chose relève de l?inexplicable, de l?irrationnel?

De tous les films que vous auriez dû ou pu faire ? Rain Man, Mémoires d?une geisha, Harry Potter, pour n?en citer que quelques-uns ?, y en a-t-il que vous regrettez de ne pas avoir faits ?Non. En fait, si : Rain Man. On avait tellement travaillé dessus avec Dustin [Hoffman], Tom [Cruise] et le scénariste Ron Bass avant que je parte faire Indiana Jones et la dernière croisade? C?est mon seul regret.

Vous allez commencer le tournage d?Indiana Jones IV. Avez-vous hésité à vous lancer dans l?aventure, dix-huit ans après le troisième épisode ? Tout ça peut avoir un côté Space Cowboys?(Rires.) Plutôt La rose et la flèche [un film de Richard Lester, qui racontait les dernières années de Robin des Bois et de Marianne, interprétés par Sean Connery et Audrey Hepburn]. Cet épisode va être de la même veine que les précédents. Et on ne va pas tricher avec le passage du temps : l?histoire se déroule dix-huit ans après Indiana Jones et la dernière croisade.

Vous ne pouvez pas, j?imagine, me raconter l?histoire?Non, je suis désolé, je ne peux pas !

Qu?est-ce qui ne fonctionnait pas dans le script qu?avait écrit Frank Darabont ? Moi, j?aimais beaucoup ce scénario. Mais pas George [Lucas, initiateur et producteur de la série]. Et notre partenariat repose sur un principe : nous devons être d?accord tous les deux. Il y avait déjà eu un script qui lui avait plu, mais que je n?aimais pas et qui, donc, n?a pas été tourné. Heureusement, j?ai eu l?idée de demander à David Koepp, qui avait déjà fait pour moi un travail sensationnel sur Jurassic Park et La guerre des mondes, de partir sur une nouvelle histoire. Il a su nous mettre d?accord.

Sean Connery va-t-il reprendre son rôle du père d?Indiana Jones ?Ça dépend de lui. Le personnage est dans le scénario. Ce n?est pas un très grand rôle, mais il a de jolies scènes. On lui a proposé, on attend sa réponse. J?ai hâte d?y être. Cela va m?apporter une odeur de pop-corn et de beurre fondu dans ma vie. Une sorte de célébration du cinéma, comme Arrête-moi si tu peux. C?est aussi une manière d?être main dans la main avec le public. Il devient mon vrai partenaire. Je ne travaille pas pour moi, mais pour lui. L?enfant qui est toujours en moi, après avoir fait longtemps tapisserie, décide à nouveau d?entrer dans la danse.

Parmi toutes les personnalités que vous avez rencontrées tout au long de ces vingt années, quelle est celle qui vous a le plus impressionné, le plus touché ?C?est impossible à dire. J?ai rencontré tellement de gens ! Il faudrait que je vous en cite trop?

Et en dehors du cinéma, y a-t-il un artiste vivant que vous admirez ? (Il réfléchit longuement.) Nelson Mandela. C?est un artiste du c?ur humain. Ce qu?il dit, ce qu?il écrit, ce qu?il fait pour améliorer la marche du monde est une vraie source d?inspiration.

Vous avez fêté, il y a peu de temps, vos 60 ans. Comment le vivez-vous ?C?est juste un chiffre, rien de plus ! (Rires.) Je ne me sens pas différent. Je n?ai pas la sensation d?être aussi vieux que mes enfants le pensent. J?ai le sentiment d?être toujours dans la trentaine, et même d?avoir plus d?énergie qu?il y a vingt ans.

Et comment vous voyez-vous dans vingt ans ?Sur un plateau, quelque part, en train de tourner un autre film.