Donc, Millénium. Sa trilogie signée Stieg Larsson, ses quelques lecteurs, et maintenant son film. Le premier d'une trilogie également, tourné à la maison par le Suédois Niels Arden Oplev. Il est déjà un succès en Suède et je ne parierais pas mes chaussures rouges qu'il n'en sera pas un en France ou ailleurs dans le monde. Tous les fans attendent Millénium, le film, tous les fans iront voir Millénium, le film, et tous les fans vont dire que « oui, mais, là, non, ça, ça y'est pas, et, là, ça va trop vite, et pourquoi avoir changé ça, et, là, franchement je voyais pas ça comme ça. » Bref, le sempiternel festival du « ça », dès lors que le cinéma s'attaque à un roman à ce point célébré.
Parenthèse pour les ignorants dont les lectures se limiteraient à l'intégrale de Gaston Bachelard parue chez José Corti : Millénium, le film, raconte l'enquête que mène le journaliste Mikael Blomkvist, aidé par la hackeuse mystérieuse et mutique Lisbeth Salander, pour retrouver la nièce d'un grand industriel. Fin de la parenthèse, merci.
Une histoire classique de thriller, il faut le dire, dussé-je en irriter certain(e)s, rehaussée, tout de même, par un sens très efficace du récit de la part de Larsson et par la présence d'un couple de héros bien campé, un brin original, et pour qui l'empathie fonctionne à plein.
Maintenant, si vous êtes toujours là, c'est que vous voulez savoir ce qu'il en est du film (c'est-à-dire, ce que j'en pense). Je vous le fais en direct : à l'heure où j'écris ces lignes - 18 h 17, mardi - il me reste le souvenir d'un bon moment passé, d'un travail propre, d'acteurs formidables, bien choisis et à leur place, d'une mise en scène professionnelle et d'un film qui se regarde jusqu'au bout sans problème, avec un certain plaisir même, mais qui ne déclenche jamais l'enthousiasme, pas plus que l'énervement, et finit par glisser tranquillement dans la cave de la mémoire à force de n'avoir aucune aspérité, sans pour autant tout à fait disparaître.
Vous me direz que ce n'est déjà pas si mal. Et vous aurez raison.