La facilité aurait été de raconter par le menu la vie de Wladziu Valentino Liberace, dit Liberace, incontournable attraction de Las Vegas dans les années 1970 et Mozart-dandy-homo des temps modernes qui, dès l'âge de 4 ans, arrondissait les fins de mois de ses parents en jouant du piano.
L'audace du scénariste Richard LaGravenese (Sur la route de Madison) est de s'être attaché aux cinq années durant lesquelles l'excentrique pianiste vécut une idylle avec un jeune vétérinaire, Scott Thorson.
Et Soderbergh, qui a vu toutes les portes des studios hollywoodiens se fermer pour ce projet, d'adopter le point de vue du véto, très finement interprété par Matt Damon.
Ainsi, le regard porté sur Liberace transcende la simple description d'un personnage hors norme, et se fait empathique, mélange de tendresse, de reproche et de compassion. De toute façon, l'homme, déjà fascinant, devient irrésistible grâce à Michael Douglas. Sa composition fera date.
