J'accuse

de Roman Polanski. Avec Jean Dujardin, Louis Garrel, Emmanuelle Seigner... 2 h 12.

La note de L'Express : 18/20

Tout le monde connaît l'affaire Dreyfus, erreur judiciaire historique provoquée par l'antisémitisme national. Tout le monde sait que, en 1894, le capitaine Alfred Dreyfus a été accusé à tort de trahison, dégradé et humilié publiquement, incarcéré au bout du monde, avant d'être défendu par Emile Zola, dont la diatribe intitulée "J'accuse...!", publiée en Une de L'Aurore, le 13 janvier 1898, a relancé le débat et violemment divisé le pays durant plusieurs années, jusqu'à la réhabilitation de l'innocent, en 1906. Mais tout le monde ne connaît pas celui par qui la justice a été rétablie, Georges Picquart, promu chef du "deuxième bureau" (ancêtre de la DGSE) après l'incarcération de Dreyfus. Discipliné jusqu'au bout des galons, il n'a pas hésité à passer outre à sa hiérarchie pour réhabiliter le capitaine après avoir découvert le vrai coupable. Que Polanski, appuyé par Robert Harris, qui signe avec le réalisateur l'adaptation de son bouquin (D., Plon), s'empare de ce sujet n'est pas un hasard. Toutes les thématiques chères au cinéaste sont là : l'antisémitisme évidemment, mais également la manipulation, la persécution, l'isolement, l'emballement médiatique... Qu'importe les costumes et l'apparat fin XIXe-début XXe, J'accuse est d'une modernité saisissante et d'une actualité brûlante. C'est un grand spectacle aussi, filmé de main de maître et servi par la crème du landernau cinématographique, Jean Dujardin (Georges Picquart), en tête, bien parti pour le césar du meilleur acteur. Il n'aurait que ce qu'il mérite. C. Ca.

Le Mans 66

de James Mangold. Avec Matt Damon, Christian Bale, Jon Bernthal... 2 h 33.

La note de L'Express : 18/20

A l'heure où Hollywood ne jure que par les franchises, Le Mans 66, distribué par la Fox (et donc Disney), apparaît comme une fleur sur le bitume. Signalons d'emblée que le film, dont le climax se déploie lors des mythiques 24 Heures du Mans de 1966, ne se résume pas à exhiber des bolides qui tournent en rond. On peut détester regarder une course automobile et, pourtant, réclamer quelques tours de piste supplémentaires quand ils sont filmés par l'excellent James Mangold (Copland, Logan). Dans Le Mans 66, la bagnole est réduite à sa fonction première : une machine dépendant non pas de son moteur mais de celui qui l'a fabriquée et de celui qui la conduit. Respectivement, Matt Damon et Christian Bale, quintessence du tandem glamour, autant que le film, où, à l'exception d'un épilogue inutile, tout fonctionne à merveille. Derrière le duel Ford-Ferrari, qui fit couler beaucoup d'huile dans les années 1960, il y a les enjeux industriels, financiers, humains qui constituent la charpente d'un scénario où chaque dialogue est une régalade. C. Ca.

Countdown

de Justin Dec. Avec Elizabeth Lail, Peter Facinelli, Jordan Calloway... 1 h 30.

La note de L'Express : 12/20

Ceux qui veulent connaître la date de leur mort ont désormais une application pour cela : Countdown, téléchargée innocemment par la jeune Quinn. Et quand elle découvre qu'elle n'a plus que trois jours à vivre, elle fait évidemment tout pour contrer ce funeste destin. Un pitch simple comme bonjour auquel il suffisait de penser, pour un premier long-métrage qui ne révolutionne pas le cinéma d'horreur mais se laisse regarder grâce à sa mise en scène particulièrement dynamique. Il faut d'ailleurs que le spectateur soit lui-même en bonne forme pour encaisser les (trop) nombreux "jump scares", fameux effets sonores ou visuels destinés à faire sursauter. Bref, le divertissement est agréable mais s'oublie facilement. A. L. F.