Notre dame

de et avec Valérie Donzelli. Avec aussi Pierre Deladonchamps, Thomas Scimeca, Philippe Katerine, Bouli Lanners... 1 h 35.

La note de L'Express : 14/20

C'est un titre évocateur. Lors du tournage du dernier film de Valérie Donzelli, la fameuse cathédrale parisienne était encore entière. D'emblée, le nouveau long-métrage de la réalisatrice de La guerre est déclarée se regarde avec un oeil mélancolique, car Notre-Dame est la star de Notre dame. La mairie de Paris missionne une architecte, la bien nommée Maud Crayon, pour réaménager le parvis de l'édifice religieux. Mais, avant de s'attaquer à ce chantier de grande envergure, la demoiselle, borderline, sera bien obligée de remettre de l'ordre dans sa vie personnelle, assez chaotique. Après l'échec de Marguerite & Julien, Valérie Donzelli revient à ses fondamentaux, à savoir la comédie burlesque. Dans Notre dame, les personnages courent, volent et se donnent des claques lorsqu'ils se croisent dans la rue. Les allergiques au cinéma de la réalisatrice rejetteront certainement ce film qui est une sorte de condensé de ses précédents longs-métrages. Les adeptes, en revanche, ne manqueront pas de savourer cette oeuvre singulière, véritable déclaration d'amour à Paris. La cerise sur le gâteau, c'est Isabelle Candelier (actrice fétiche de Bruno Podalydès), hilarante en maire déconnectée des préoccupations de ses concitoyens. Toute ressemblance avec certaines personnes serait (évidemment) purement fortuite. A. L. F.

Vic le Viking

d'Eric Cazes. 1 h 21.

La note de L'Express : 15/20

D'un côté, Star Wars, épisode 9, de l'autre, Vic le Viking, épisode film. C'est le pot de fer contre le pot de terre. Parce que tout gamin normalement conditionné va vous supplier (à moins que, au contraire, ce ne soit vous qui en fassiez une priorité) de voir le volet final de la saga Skywalker - que nous n'avons pas vu à l'heure où sont écrites ces lignes. En revanche, dans la catégorie "jeune public", on a vu l'outsider qui n'a rien à voir avec la choucroute du Jedi. Quoique. Dans Vic le Viking, adaptation soignée d'une série animée vieille de plus de 40 ans, il est tout de même question d'une épée exceptionnelle, autrement plus drôle qu'un sabre laser, car capable de transformer tout ce qu'elle vise en or. On commence par un objet, on enchaîne avec un animal (la plupart des Vikings sont bas de plafond, c'est connu), puis, par inadvertance, avec la femme du chef. Et là, ça pose problème. Pour lever le sort, il faut aller au bout du monde du côté de chez Odin. Grand périple et grosse aventure pour le jeune Vic, avec du muscle, de l'humour, du traître... Rien d'exceptionnel, mais encore une belle démonstration du dynamisme graphique français, car, oui, Vic le Viking, programme autrefois produit par des studios japonais, est désormais un long-métrage fait chez nous par Eric Cazes, dont c'est le premier film pour le grand écran. Le garçon promet. C. Ca.

The Lighthouse

de Robert Eggers. Avec Willem Dafoe, Robert Pattinson et Valeriia Karaman. 1 h 49.

La note de L'Express : 10/20

Est-ce un film ? Une performance ? Un tableau vivant ? On ne sait pas trop. Il y a quatre ans, l'Américain Robert Eggers faisait une entrée fracassante dans le milieu du cinéma avec son premier long-métrage, The Witch. Un cinéaste était né. The Lighthouse était donc attendu comme le Messie par beaucoup. A l'arrivée, c'est une déception. Partielle (car tout n'est pas mauvais), mais quand même. Le scénario, simple comme bonjour, raconte le quotidien de deux gardiens de phare (excellents Robert Pattinson et Willem Dafoe) sur une île perdue, à la fin du XIXe siècle. L'isolement et les privations conduisent rapidement les deux hommes aux confins de la folie. Comme c'était le cas dans son précédent film, Robert Eggers soigne l'esthétique avec une précision d'orfèvre. Certains plans tutoient même le sublime. Il n'y a pas à dire, c'est beau. Peut-être même qu'il n'y a pas eu plus beau cette année. Mais pas plus inabouti aussi. A trop multiplier les références mythologiques, Robert Eggers finit par lasser. Et, de métaphysique à soporifique, il n'y a qu'un pas, que le long-métrage, hélas, franchit. A. L. F.