Il y a toujours de belles choses dans les films du Taïwanais Tsai Ming-liang(Vive l'amour, Visage...): un cadre, une scène, une lumière, un personnage, une péripétie, un truc.
Les Chiens errants ne dérogent pas à la règle, qui racontent l'histoire d'une famille dont le père est homme-sandwich à Taipei; leur vie est rude et une tempête (météorologique, métaphorique, fantastique, psychologique) approche. Mais il y a surtout une vacuité abrutissante, de gros plans fixes qui s'éternisent (jusqu'à douze minutes, au secours !), une posture formelle qui rend le projet, au mieux abscons, au pis prétentieux.
Tsai Ming-liang se regarde filmer, ne dit rien d'autre que son nombril d'auteur, là où son oeil souvent acéré pourrait raconter le monde, sa violence, et la nécessité, pour chacun, de se recréer un temps et un espace propres (en gros, le thème du film). Tsai Ming-liang fait partie de ces cinéastes montés sur piédestal qui pensent faire de l'Aaarrttt avec un grand A, alors qu'ils font de l'Ennuuuui avec un grand E.
