Voilà neuf ans que Marion Vernoux avait déserté le terrain du cinéma. Depuis À boire, dont l'échec artistique laissait augurer le pire pour la suite. Or c'est le meilleur qui surgit avec une histoire de passion amoureuse dévorant une à une toutes les résistances se mettant sur sa route. Elle unit une toute jeune retraitée et un animateur du club de loisirs où sa famille l'a inscrite pour meubler son temps libre. Comme dans Love etc. ou Rien à faire, Marion Vernoux parle d'amour clandestine mais avec une petite musique singulière qui l'éloigne des clichés. Cela tient à l'écriture de ses personnages : son héroïne ne court pas, ici, après une jeunesse perdue, pas plus qu'elle ne cherche à se venger d'un mari mal aimant (Chesnais, magnifique). Cela tient aussi à la manière féerique dont elle filme ces paysages de mer du Nord, qui forment l'écrin de son intrigue. Cela tient enfin à son casting. Fanny Ardant, qui campe souvent des héroïnes fantasmées, donne corps, chair et âme à une femme plus terrienne et espiègle avec une aisance inouïe. Et Laurent Lafitte déploie superbement une face plus tourmentée qui se marie parfaitement avec sa vista comique habituelle. Comme Le temps de l'aventure, Les beaux jours est un film d'amour dont on ressent physiquement chaque battement de coeur. Celui des amants comme celui des victimes collatérales de cet embrasement passionnel.