[EXPRESS YOURSELF] Ainsi voilà le film le plus attendu de cette année 2012, ce retour en terre du milieu par Peter Jackson, prés de 10 ans après la trilogie de tout les succès du Seigneur des anneaux. Seulement voilà, ce Hobbit n'est pas vraiment à la hauteur de son prédecesseur.
D'abord -mais on était prévenu- le film est destiné majoritairement aux enfants, donc, ne nous étonnons pas si des blagues puérils apparaissent ou que les orques ont une carrure qui amène plus à l'amusement. Acceptons-le et jetons sur le dernier long métrage de Jackson un regard plus enfantin. Malheureusement, l'illusion ne dure qu'un temps, car ce n'est pas le seul point négatif de ce changement de ton.
Si Le Seigneur des anneaux embarquait le spectateur dans une histoire sombre et épique, Le Hobbit a perdu son souffle, laissant un voyage rocambolesque, vide des menaces pesantes qui auraient pu en être le sel.
Ce dont le film souffre principalement, c'est le manque d'idées. Chaque scène s'étire en longueur: un quart d'heure là où elle aurait pu se réduir à cinq minutes, entraînant un manque de rythme qui fait que le film s'essouffle rapidement (le voyage ne démarre qu'après plus de trois quart d'heure de film!).
La trame narrative est la même que dans La communauté de l'anneau. Certaines scènes sont à la limite du "copier-coller": un groupe se forme dans une quête périlleuse, se fait attaquer, arrive chez les elfes, repart, se fait attaquer dans des mines, ressort, se bat dans une petite forêt, ils s'en sortent, regardent le montagne solitaire, fin. Seul le passage avec Gollum représente un réel intérêt. Jouant habilement avec le personnage, il nous rend en même temps nostalgique de l'ancienne trilogie. Un manque de profondeur et d'originalité qui se ressent dans l'histoire, mais aussi chez les personnages, la faute à un trop grand nombre de protagonistes: 15 personnages principaux, dont 13 nains!
Un point positif tout de même, la beauté de l'image. Je ne parle pas de la 3D qui va de l'inutilité la plus totale au pire calvaire pour les yeux lorsque la camera s'agite. Gardons seulement le décor. Jackson détient un talent évident pour filmer et mettre en valeur son pays, la Nouvelle Zélande. Et si les scènes de combats se rapprochent d'avantage du visuel d'un jeux vidéo, les plans d'ensemble extérieurs sont saisissants.
Le Hobbit: un voyage inattendu n'est pas le film que l'on attendait. Il ne déçoit pas complètement car on se laisse transporter dans ses contrées magiques, mais il est ( trop) long et en dit (trop) peu. Et la décision d'en faire une trilogie au lieu d'un diptyque, ne va rien arranger à l'affaire.
