Une crise profonde. Plus envie de parler. Une sorte de burn out... Malgré une famille aimante, Walter est en pleine dépression et se mure dans le silence. Comment renouer le fil du dialogue avec ceux qu'on aime lorsque les mots ne viennent plus ? Il faut appeler son pote le castor ! En trouvant, par hasard, un soir une marionnette en peluche de castor, Walter va avoir un déclic. Et le castor va devenir à la fois son double vocal mais aussi le médiateur et le héros de ce film touchant et surtout extrêmement troublant. Aidée par un scénario d'une formidable finesse et par de sacrés seconds rôles (Jennifer Lawrence et Anton Yelchin sont impressionnants), Jodie Foster réalise une tranche de vie pleine de douleur et d'amour rentré. Le rire y est acide, la révolte amoureuse et l'espoir fragile, comme Redford l'avait réussi en son temps avec Des gens comme les autres. Mais surtout, la grande force de ce drame mature est de faire d'une boule de poils en forme de castor l'un des personnages les plus saisissants, les plus déstabilisants du cinéma cette année. Mel Gibson, lui, est absolument prodigieux, constamment sur le fil du rasoir. Oubliez les unes de la presse à scandale et regardez l'acteur : il n'a jamais été aussi génial. Dans un film qui gratte là où ça fait mal, pour mieux forcer le respect.
Allor, faut-il aller le voir ? Réponse dans le face à face L'Express/ Studio Ciné Live