Les rebondissements et polémiques autour de La Vie d'Adèle ont rythmé notre été, de déclarations épicées en excuses larmoyantes, d'une Palme d'or à Cannes à un carré rose en Russie. Le film sort -enfin- en salle le 9 octobre prochain.
Faudra-t-il aller le voir? Non, aux dires mêmes de son réalisateur, Abdellatif Kechiche: "Selon moi, ce film ne devrait pas sortir, il a été trop sali, a-t-il déclaré à Télérama. La Palme d'or n'a été qu'un bref instant de bonheur; ensuite, je me suis senti humilié, déshonoré, j'ai senti un rejet de ma personne, que je vis comme une malédiction...".
Dans un long entretien, il revient sur le Festival de Cannes, sur les attentes des spectateurs, sur ses méthodes et sur Léa Seydoux, aussi (et surtout), celle par qui le scandale a pris des proportions démesurées.
"Elle a insisté pour venir. Et ensuite pour rester, explique-t-il, parce que j'avais des doutes sur notre réussite. Je ne savais pas si je pouvais être le metteur en scène qui l'aiderait à se débloquer. Et je n'étais pas sûr qu'elle en ait vraiment envie. Je lui ai proposé plusieurs fois d'en rester là. Dont une après vingt jours de tournage. Mais elle tenait à continuer".
Vous n'avez rien compris à... la polémique autour de
Il n'y a pas de fumée sans feu, dit-on. Et l'affaire d'Adèle tient plus de l'incendie de forêt que du feu de camp. Peut-on ainsi continuer à jeter de l'huile sur les flammes de la discorde sans nuire effectivement à l'image du film?
Pas selon le réalisateur, qui se met à la place du spectateur. "Moi, je n'irais pas voir le film du cinéaste sadique et tyrannique dont on fait le portrait aujourd'hui! C'est comme si on se rendait à un mariage en sachant qu'en vérité les mariés se détestent".
Il faudra attendre le 9 octobre, donc, pour savoir s'il faut effectivement sortir les papiers du divorce.