A tout seigneur, tout honneur. Cette année, au Festival de Cannes, le grand succès français auprès de la critique internationale est The Artist de Michel Hazanavicius. Thierry Frémaux a eu un coup de génie en l'incorporant in extremis à la compétition. Une moyenne de 2,8 étoiles dans le prestigieux magazine Screen. "C'est vrai, le film est un pastiche... mais il est fait avec amour" note leur journaliste Mark Adams. Dans The Hollywood reporter, Todd McCarthy précise que "les cinéastes ont pris beaucoup de plaisir à le faire et qu'ils arrivent à le communiquer au spectateur." Dans le Tagesspiegel, Jan Schulz-Ojala résume l'engouement en parlant d'un film "parfaitement construit, magnifiquement joué et minutieusement mis en scène." On comprend que les frères Weinstein aient vendu le film sur tous les territoires en un rien de temps. Et à prix d'or !
"Polisse évoque certains bons côtés de la série Sur Ecoute. [...] Mais c'est erratique et inégal." Au fond, cette critique de Eric Kohn sur Indiewire.com résume bien l'accueil international réservé au film de Maïwenn : 1,7 étoiles de moyenne dans Screen. On aime les émotions qu'il procure, moins certaines erreurs de mise en scène. Du positif, donc. A noter, la prestation de Joey Starr est loué par tous.
Si Denis Lim du New York Times sauve L'Apollonide - souvenirs de la maison close en lui mettant trois étoiles, le film de Bonello suscite bien des réserves. "Le film n'a pas l'énergie nécessaire pour faire ressentir au spectateur son désespoir et sa légèreté" écrit Howard Feinstein dans Screen. De son côté, Leslie Felperin de Variety aime que le fait que la nudité, la violence perturbante ou la bizarreries habituelles chez Bonello se double d'un "portrait accessible et crédible de la vie des prostituées en 1900." Tout cela est donc un peu tiède.
Arrivé en dernier, Pater d'Alain Cavalier n'a accroché personne en dehors de ses frontières. C'est même l'hécatombe. "Au final, le film révèle très peu de choses, que ce soit sur le plan du pouvoir politique ou celui du jeu de miroir entre comédie et réalisation" précise Jonathan Rommey dans Screen. Il fallait s'y attendre. Le film repose sur la personnalité d'un acteur peu connu en dehors de l'hexagone et sur un concept difficile à saisir pour ceux qui n'ont pas suivi la carière de Cavalier. A moins d'un prix qui poussera à réévaluer le film, les jeux sont faits pour le Pater de la compétition.
