D'abord, évacuer l'argument marketing : cette histoire censée raconter les origines de La Planète des singes n'a finalement que peu de rapports avec l'adaptation culte, en 1968, du roman de Pierre Boulle par Franklin J. Schaffner. Dans ses thèmes et dans sa forme, on en est même loin. Plutôt que de tendre vers la grande oeuvre de science-fiction apocalyptique, Rupert Wyatt livre un petit conte philosophique sur les rapports entre l'homme et les autres espèces à travers le regard de César, un singe devenu "humainement" intelligent à force de manipulations génétiques. La prise de conscience sera glaçante. Touchante, aussi, car les effets spéciaux s'effacent devant les personnages. Si le réalisateur rate quelques scènes clefs (la disparition de la race humaine), il emballe une jolie métaphore sur la chute d'une civilisation imbue d'elle-même et sur l'attitude des Américains vis-à-vis des pays en voie de développement.