Comment les primates de La planète des singes ont-ils acquis le don de parole ? Et surtout, par quel miracle ont-ils réussi à prendre le pouvoir sur Terre ? Loin de singer les diverses adaptations du chef-d'½uvre de Pierre Boule, ce prequel répond enfin aux questions que tout fan s'est forcément un jour posé. Et il le fait avec d'autant plus de culot et de vigueur qu'il adopte un point de vue animalier. Tout commence dans un labo pharmaceutique. Will Rodman cherche un remède anti-Alzheimer, une maladie dont souffre son père. Expérimentant son traitement sur des chimpanzés, il s'aperçoit que la substance utilisée augmente radicalement leurs capacités cérébrales. Contraint de cacher César, né d'une mère cobaye, dans son grenier, Will éduque comme un fils cet animal d'une intelligence hors du commun. Leur séparation forcée, quelques années plus tard, n'en sera que plus déchirante. Outre que la relation entre César et Will dresse les poils d'émotion, le film, ancré dans des thématiques très actuelles, s'interroge de façon pertinente sur la recherche. L'homme doit-il tout se permettre au nom de la science ? Tenter à tout prix de détourner la nature ne risque-t-il pas d'engendrer de désastreuses conséquences ? Malgré une mise en image parfois un rien tape-à-l'oeil, le film ne perd toutefois jamais de son intensité. Y compris dans sa seconde partie, où le spectaculaire prend le pas sur la réflexion. Il bluffe autant grâce au réalisme saisissant des effets numériques (on dirait de vrais singes !) que grâce à un scénario fort malin : ce ne sont pas les chimpanzés qui anéantiront l'espèce humaine, ce sont les hommes eux-mêmes, dans leur soif mégalomaniaque de contrôle, qui s'autodétruiront. Un blockbuster captivant et tout sauf bête.