"Un grand film d'amour, musical, populaire, tragique et romanesque. Un sujet français, un film international, un grand film sur Piaf." C'est en ces quelques mots qu'Olivier Dahan a vendu La Môme à son producteur, Ilan Goldman (1492, Christophe Colomb ; Les rivières pourpres 2). C'était en janvier 2004. Trois ans après, force est de constater qu'il a amplement réussi son pari. Sa Môme est à la mesure de son héroïne : immense. La raison en est aussi simple qu'audacieuse. Plutôt qu'une biographie sage, chronologique comme un chemin de croix ponctué de stations incontournables, Dahan a choisi de faire un film bouillonnant, flamboyant, parfois même onirique. En mélangeant les époques, en réinterprétant certains épisodes trop connus de la vie de la chanteuse, sans jamais appuyer les détails, le réalisateur brosse le surprenant et déchirant portrait d'une artiste que l'on croyait connaître. Son entreprise repose sur une comédienne, Marion Cotillard, tout simplement géniale. Au-delà de la ressemblance, de la gestuelle, de la qualité de ses play-back, de son travail sur la voix, il y a son regard. Vaste, intense, enfantin, dans lequel on peut lire, en une fraction de seconde, toute la joie ou toute la misère du monde. Ce dont Piaf était faite. À tous les âges où elle l'incarne, que ce soit la Môme, jeune chanteuse de rue, Édith la femme amoureuse de Marcel Cerdan, ou Piaf la star prête à mourir sur scène, Marion Cotillard est exceptionnelle. Elle est, de plus, entourée par un casting de comédiens magnifiques, qui donnent tous l'impression d'être réellement face à la Môme.