Le plus amusant dans cette histoire, c'est la définition de La La Land, qui ne fait pas référence à un pays où l'on chante (la, la la...) mais à un endroit imaginaire à Los Angeles (LA), en forme de conte de fées, où tout serait possible.

Et c'est bien un conte de fées que semble vivre le réalisateur Damien Chazelle: le monde le découvre avec Whiplash, succès international, il enchaîne avec ce mélo musical en hommage à Jacques Demy, donc pas gagné d'avance, fait le buzz au Festival de Toronto, décroche une moisson de golden globes, excite la planète cinéphile et attend les oscars avec sérénité... La La Land est une grande réussite.

L'histoire d'amour plus ou moins contrariée, plus ou moins réaliste, toujours emballante, entre deux artistes en herbe, une actrice et un pianiste de jazz. Ils chantent, ils dansent, ils confrontent leurs désirs à la dureté de l'époque et rêvent d'un monde où l'on pourrait faire des claquettes sous un réverbère. Le cinéma comme une parenthèse enchantée, la vie comme un chemin semé d'embûches.

La La Land n'est pas un bonbon sucré, mais une friandise acidulée, les numéros chantés et dansés sont magnifiques (l'ouverture du film est une performance à elle toute seule), Emma Stone et Ryan Gosling sont à croquer et Chazelle se permet de jouer avec l'intrigue comme un magicien s'amuse de son chapeau pour en faire sortir une pluie d'étoiles.

LA LA LAND, DE DAMIEN CHAZELLE. AVEC EMMA STONE, RYAN GOSLING, JOHN LEGEND... 2H08.