Il suffisait d'attendre. Passé les quelques séries de fonds de tiroir pré-cannois, et les gros machins trop chers qui ne valent pas un clou (j'ai des noms, mais non, je n'en reparlerai pas), il est toujours des films de nulle part et d'ailleurs pour venir enchanter des écrans pâlots, heureux de retrouver des couleurs.
La Fille du 14 Juillet, d'Antonin Peretjatko, est de ceux-là. Une comédie drôle. Très drôle. Barrée, poétique, absurde, enchanteresse. Qui remet d'équerre l'idée selon laquelle l'humour est la chose qui se partage le moins. Idée pas totalement fausse, certes, mais si vous ne riez pas là, alors notre histoire d'amour risque de s'arrêter au prochain virage.
Ce qu'il y a de plus réjouissant encore, c'est que cette Fille du 14 Juillet a coûté 300 000 euros, autant dire rien, qu'elle fourmille d'idées, de sourires et de portes de voiture qui claquent (gag tout con qui me fait encore marrer). Et prouve que l'excès d'argent n'est pas gage de qualité (j'ai des noms, mais non, je n'en reparlerai pas) quand la pénurie n'est pas synonyme de vaches maigres. J'imagine que quelques euros en plus n'auraient pas fait de mal à la cantine, mais, en l'état, je dis bravo.
La fille du 14 Juillet s'appelle Truquette, et Hector en est tombé amoureux, au point de convaincre son pote Pator de partir en vacances avec elle et sa copine Charlotte. Road-movie, quiproquos et patine politique (crise oblige, le gouvernement décide d'avancer la rentrée au début d'août, ce qui fout le bordel).
Sans se prendre la tête, aussi parce qu'il n'en a pas les moyens, Antonin Peretjatko (un nom à retenir, et pas seulement au Scrabble) filme son histoire avec une simplicité qui confine au génie et convoque la Nouvelle Vague, Luc Moullet, les Monty Python, Jacques Rozier et Antonin Peretjatko ; nul doute que le gars deviendra prochainement une référence, je prends les paris.
A noter dans le rôle de Truquette, Vimala Pons, merveilleuse comédienne et membre de la troupe Ivan Mosjoukine, qui épata la galerie avec un spectacle de cirque hors du commun, De nos jours [notes on the circus]. Votre présence dans les salles est donc obligatoire.
