On dirait le Sud. En tout cas, ça y ressemble. Le soleil brille, les grillons grésillent. Il n'y a pas la mer, mais un lac, au bord duquel des hommes se retrouvent pour aller batifoler dans les bois alentour. Parmi eux, Franck, qui tombe amoureux de Michel, amant magnifique mais mystérieux. Peut-être même assassin, vu qu'un de ses petits amis a été retrouvé noyé. Pour autant, L'Inconnu du lac ne se pose pas comme un film policier, mais comme un tournoi de ping-pong psychologique. Les personnages ne sont quasiment jamais plus de deux à l'écran et, outre quelques ébats sexuels dont l'inutile crudité ne manquera pas de faire jaser, les échanges verbaux sont de plus en plus constructifs et pertinents. D'aucuns se moqueront du naturalisme forcené et prêtant parfois à sourire (ah! ce débat d'idées sur la Renault 25...), on préférera souligner, chez Guiraudie, la maîtrise du dispositif, finalement assez subjuguant. Pas mal d'Eros, autant de Thanatos, et pas (trop) de pathos.