Paul, avocat promis à un bel avenir, a une femme acariâtre, un bébé qui hurle la nuit, un quotidien qui l'ennuie. Son truc, c'est la photo. Une passion qu'il assouvirait volontiers dans une autre vie. Ça tombe bien : il va être obligé d'en changer, vu qu'il vient de tuer son voisin. Cet acte tragique n'est pas le point de départ de ce thriller, mais plutôt le "milieu du gué". Fidèle en cela au best-seller de Douglas Kennedy, Eric Lartigau prend soin, dans une première partie, de décrire avec élégance la tristesse d'un couple qui a tout pour être heureux. Romain Duris est impeccable, Marina Foïs aussi. La suite du film l'est moins. La mise en scène est tenue, pas le rythme. Comme si les tourments du personnage se devaient d'annihiler la tension présente jusqu'au meurtre. Là où Kennedy excellait à décrire une seconde partie délicieusement anxiogène, Lartigau relâche la pression, pour aboutir à une fin qui laisse dubitatif. Avant cela, on aura toutefois eu droit à un film digne de ce nom, réalisé par un cinéaste visuellement inspiré, épaulé par la monteuse attitrée de Jacques Audiard.