Biographie : 44 ans. Né dans un petit village en Corée du Sud, qu"il quitte très tôt pour Séoul, Kim Ki-duk suit d"abord des études d"agriculture. Après ses trois ans de service militaire obligatoire, il songe un temps à entrer dans les ordres, avant de se passionner pour la peinture. C"est au cours d"un séjour en Europe, et notamment en France, au début des années 90, qu"il découvre le cinéma. De retour en Corée, il écrit plusieurs scénarios, puis réalise son premier long métrage en 1996, Crocodile. Remarqués dans de nombreux festivals, ses films suivants lui assurent, dans le monde entier, un statut d"auteur prometteur. En France, outre L"île, sorti en 2001, on a pu apprécier l"année dernière son envoûtant Printemps, été, automne, hiver... et printemps. À la rentrée sortait The Coast Guard, film réalisé en 2001, et on découvrira fin octobre son dixième long métrage, Samaria, Ours d"argent à Berlin.
influences : Ses personnages d"apparence froide, basculant dans des excès de violence incontrôlée, rappellent ceux de l"univers de Takeshi Kitano. Comme pour le cinéaste japonais, l"humour, chez lui, naît du drame, et l"humain - avec toutes ses contradictions - est au centre de ses préoccupations. Si son ?uvre possède une unité évidente, elle ne souffre d"aucun maniérisme ni de rigidité. Le réalisateur aime, en effet, à rappeler qu"il a découvert le cinéma avec des films aussi divers que Basic Instinct, L"amant et Diva.
point de vue : Avec Hong Sang-soo, Kim Ki-duk est sans aucun doute le plus européen des cinéastes coréens, mais aussi le plus farouchement indépendant. Il préfère travailler de manière autonome plutôt qu"avec les circuits de production traditionnels, et garde ainsi une liberté totale de création. Il a lui-même financé son dernier opus, Samaria, qu"il a tourné en une dizaine de jours seulement. Malgré ces conditions de travail précaires, sa mise en scène, très instinctive, révèle une étonnante maîtrise et un réel sens du cadre. Sa fable humaniste Printemps, été, automne, hiver... et printemps, forte de 200 000 entrées en France, est, avec Ivre de femmes et de peinture d"Im Kwon-taek, l"un des meilleurs scores hexagonaux pour un film coréen. DIXIT : « Il est vrai que mes films se ressemblent un peu et que les thèmes se répètent souvent, mais ce n"est absolument pas volontaire de ma part, c"est même totalement inconscient. Je fais tous mes films à l"instinct. »