Grand Central est de ces films qu'il ne faut pas louper. Rebecca Zlotowski, réalisatrice du brutal et subtil Belle Épine (prix Louis Delluc 2010), passe ici, avec panache, le cap difficile du deuxième film. Grand Central est une histoire d'amour en terre inconnue, celle d'une centrale nucléaire. Et la première force du film est de ne pas la traiter comme un simple décor mais comme un véritable personnage principal. Un monde qui pèse, de la possible contamination radioactive jusqu'au risque qu'ont les amants interdits de se faire surprendre. Zlotowski maîtrise parfaitement le ton et le tempo de cette passion amoureuse magistrale vécue dans ce cadre si atypique. Un versant social qui ferait ainsi presque penser au cinéma identitaire de Ken Loach. Il y a aussi, dans Grand Central, une tension qui ne cède jamais, comme un film en apnée. Tahar Rahim est d'une intensité incroyable, une nouvelle fois parfait dans un personnage sympathique et attachant, quand Léa Seydoux joue la partition de la bombe sensuelle qui refuse de choisir entre son compagnon (le formidable Denis Ménochet) et son désir d'ailleurs. Au final, entre drame social et western, l'écriture cinématographique si intense et intelligente de Grand Central lui donne un.