Il suffit bien souvent de quelques minutes, voire d'une poignée de secondes, pour reconnaître un film réussi. Comme ici. Fantastic Birthday s'ouvre sur un plan fixe avec deux ados assis sur un banc. Lui, boloss entreprenant, elle, penaude, les genoux en dedans. La caméra s'autorise des zooms discrets, scrutant Elliott et Greta en train de discuter, tandis que surgissent des gags en arrière-plan.
Cadrages symétriques, harmonie des couleurs: la mise en scène, précise, inspirée, emmène d'emblée le spectateur dans un univers singulier, digne de Wes Anderson. Les années 70, la déco vintage, les mille trouvailles visuelles et les situations farfelues ajoutent à cette impression. On adore les personnages, ils ont tous un petit grain.
Un premier long joyeusement barré
Ce qui pourrait n'être qu'un exercice de style a le bon goût de s'aventurer progressivement dans une toute autre direction. Les parents de Greta, contre son avis, lui ont organisé une fête d'anniversaire pour ses 15 ans. Cette fête, elle voudrait la fuir.
La comédie bifurque alors vers le conte onirique, entre un Tim Burton revisitant La belle au bois dormant et un Spike Jonze inspiré par les écrits psychanalytiques de Bettelhleim. Une manière surprenante d'aborder les peurs adolescentes, cette peur de se transformer, de grandir, d'affronter la dureté du monde extérieur. Un premier long joyeusement barré et formidablement prometteur.
Révélation du film, Bethany Whitmore a débuté au cinéma à 10 ans en prêtant sa voix au personnage de Toni Collette enfant, dans Mary & Max.
Fantastic Birthday, de Rosemary Myers, avec Bethany Whitmore... 1h20. 22/3.
