[EXPRESS YOURSELF] Dès l'introduction, l'intelligence de la mise en scène de Nicolas Winding Refn -Bronson- se fait sentir: une esthétique d'exception illustrée par une course poursuite rythmée dans les rues de Los Angeles. Les influences de films tels que Taxi Driver de Martin Scorsese (1976), Bullitt de Peter Yates (1968) ou encore History of Violence de David Cronenberg (2005) sont omniprésentes.
Un mystère et une poésie étonnante se dégage du personnage principal, le Driver -Ryan Gosling-, une envie d'aller au-delà du personnage pour percer une carapace qui semble inébranlable. Le réalisateur nous plonge de nouveau dans l'histoire d'un homme tourmenté et mystérieux comme il avait si bien su le faire dans Bronson.
Tantôt tourmenté, tantôt impassible, le Driver est détaché de tout ce qui l'entoure, une sorte d'antihéros pour lequel une empathie ne cesse de se créer au fil de l'intrigue. Entre calme et hystérie, le spectateur ne sait plus où se placer face à un personnage totalement imprévisible. Pourtant, toutes ses actions semblent totalement contrôlées, comme si personne ne pouvait enrayer la machine lancée par Nicolas Winding Refn.
Le scénario audacieux et la mise en scène époustouflante par sa beauté octroient à ce film la récompense d'être le film le plus marquant de l'année 2011. Une oeuvre intense et pleine de poésie qui restera dans les annales du cinéma. Ce long métrage sans fausse note est un must pour les cinéphiles avertis.
