D.S.QUOI ?

A Cannes, l'essentiel est ailleurs. Et le point d'inertie cinématographique pas toujours là ou on pourrait le penser. Dans l'avalanche de films projetés cette année en compétition dans un rythme tendu comme un string (un jour de programmation en moins pour cause d'élections européennes dimanche prochain), les discussions du week-end auraient dû tourner autour de cette compétition. Mais non.

Parlez du Saint Laurent de Bertrand Bonello, second essai cinéma de 2014 sur le couturier après le film de Jalil Lespert. Evoquez cette peinture parfois brillante mais trop longue et esthétisante et vous vous ferez renvoyer dans vos cordes : "Et sinon, t'as vu le film sur DSK ?"

Essayez de convaincre les quelques récalcitrants que Relatos salavajes, film mexicain bordélique et trash produit par Almodovar est une respiration comique bienvenue sur la Croisette. Etonnez-vous que certains soient passés à côté de La chambre bleue, exercice de styme magnifique sur du Simenon par Mathieu Amalric est une vraie perle (en plus de ne durer qu'une 1h15) et on coupera tout net : ""Et sinon, t'as vu le film sur DSK ?"

Ok. Le cinéma d'accord mais la polémique d'abord. J'ai donc fait mon boulot. J'ai loué Welcome to New York en VOD (7 euros et pas de ticket de caisse, je fais comment pour me faire rembourser, moi ?). Et j'ai regardé sur mon écran d'ordinateur dans ma chambre d'hôtel. On a connu plus glam comme projection cannoise. Et je sais ce que vous allez me dire : "Et alors, le film sur DSK ?". Le voir, c'est comprendre tout ce barnum médiatico-polémique. De la belle ouvrage marketing pour dévier le regard de l'essentiel. Car, hormis quelques passages fugaces et hot sur la vie de cet accro au sexe, le film pédale dans la semoule, vide de sens, sans aucune révélation, sans aucune réflexion sur le fait divers le plus étonnant de ces dernières années. Le film d'Abel Ferrara est un joli navet. Et si on parlait plutôt de cinéma ?