Jack ne s'appelle pas Jack. Sorti de prison, il vient de s'inventer un nouveau nom pour aller avec un passé cousu main et tenter de trouver sa place dans la société. Ce n'est pas une réhabilitation, c'est une résurrection. En tout cas, il l'espère. Un vieux poste de télé éternue un fait divers : un criminel aurait été relâché dans la nature. Jack blêmit. Pourrait-il être ce garçon-là ? Impossible. Il est ce jeune homme tout juste sorti de l'adolescence, réservé, un rien à fleur de peau. Une tache se cache bien dans son passé. Mais un meurtre ? C'est forcément une erreur...
Dès les premières images, Andrew Garfield est sidérant de magnétisme. Dans une voiture qui le conduit vers sa nouvelle vie, il boit le monde extérieur avec des yeux de nouveau-né, avec l'avidité qu'ont ceux qui en ont été privés trop longtemps. Il avance la tête dans les épaules, un peu craintif. Pour le réalisateur John Crowley, rien d'autre ne compte que d'accompagner son personnage et de recueillir ces instants précieux où Jack réapprend à se laisser aller au bonheur. Si son passé revient par vague, John Crowley sait éviter les pourquoi inutiles (que Jack soit coupable n'est pas le sujet). Jusqu'au bout, il officie en gardien, seul à ne pas juger Jack pour ce qu'il a (peut-être) fait, à ne pas lui renvoyer l'image de cet autre qu'il ne veut plus être. Le seul à lui laisser une véritable seconde chance. n