Cette petite phrase, prononcée mardi soir par Laurent Lafitte en ouverture du festival de Cannes a suscité les ardeurs de nombreux Américains. Le comédien français, s'adressant directement au réalisateur Woody Allen, s'était interrogé sur sa propension à tourner ses films en Europe. "Ces dernières années, vous avez beaucoup tourné en Europe alors que vous n'êtes même pas condamné pour viol aux Etats-Unis", avait-il glissé, devant une salle interloquée.

Une référence ouverte à la situation du réalisateur Roman Polanski, qui risque une extradition aux Etats-Unis, pays dans lequel il est accusé de viol depuis plusieurs décennies. Certains y ont aussi vu une référence implicite aux accusations de viols sur sa fille adoptive Dylan Farrow, que son frère et fils de Woody Allen, Ronan Farrow, relaie. Laurent Lafitte dément toute intention en ce sens: lorsqu'il a écrit sa blague, trois semaines auparavant, il n'avait selon lui pas connaissance de cette tribune.

"Une tempête dans un verre d'eau"

Jeudi, le maître de cérémonie s'est expliqué dans les pages de The Hollywood Reporter: "Ce que je n'ai appris que ce (jeudi, Ndlr) matin, c'est que le fils de Woody Allen avait écrit une tribune en rappelant les accusations de viol dont fait l'objet le cinéaste. Je ne savais pas ça", se dédouane le comédien. Il s'est dit étonné par les proportions qu'a prises son discours, alors qu'il s'agit selon lui d'une mauvaise interprétation.

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"Quand j'ai écrit la blague, poursuit Laurent Lafitte, c'était d'avantage une blague à propos de l'Europe et sur pourquoi l'un des plus grands réalisateurs américain a passé autant de temps à filmer en Europe alors qu'il n'en était pas obligé, puisqu'il n'a pas été accusé de viol dans son propre pays, contrairement à Roman Polanski."

S'il avait eu connaissance de la tribune de Ronan Farrow, le Français assure qu'il n'aurait pas tenté sa sortie polémique. Laurent Lafitte, qui évoque "une tempête dans un verre d'eau", a aussi indiqué que le principal concerné, Woody Allen, n'avait pas été offensé par sa blague. Contrairement à Emmanuelle Seigner,l'épouse de l'autre réalisateur visé, Roman Polanski, qui l'a traité de "gros blaireau."