Le plus "bat" des superhéros est de retour. Pas celui de Tim Burton ni celui de Christopher Nolan, mais celui de Leslie H. Martinson. Ne cherchez pas, ce metteur en scène a réalisé dans un relatif anonymat des épisodes de plusieurs séries télé: Mission: Impossible, Mannix, Wonder Woman...et, au milieu des années 1960, Batman, adaptation sucrée de la bande dessinée très sombre de Bob Kane. Le scénario qui devait être celui du pilote a finalement servi à un long-métrage, distribué en 1966. Il ressort aujourd'hui en France à l'occasion du nouveau film de Zack Snyder, Batman v Superman. L'aube de la justice.
Entre bijou toc et précieux ridicule
Ce Batman est devenu une relique, un monument kitsch inscrit au panthéon du nanar. Au cours de leur lutte contre Catwoman, le Joker, le Pingouin et l'Homme-Mystère, qui ont trouvé le moyen de réduire en poudre (!) les membres des Nations unies, Batman, accroché à la "bat-échelle" de son "bat-hélicoptère", se débarrasse d'un requin lui mordant le mollet à l'aide d'un "bat spray" (! !), tandis que Robin abuse d'expressions d'un autre temps ("Aurais-je la berlue ?", "Nom d'une pipe en bois !", etc.).
NOTRE DOSSIER >> Batman
Effet de style: les bagarres sont agrémentées d'onomatopées incrustées à l'image: "sploosh", "thwack", "ouch" et autres "kaboom". La presse n'a évidemment pas fait grand cas de ce film. Le public non plus. Du coup, il n'y eut pas de suite. Ce Batman est donc un modèle unique. Un spécimen rare. Entre bijou toc et précieux ridicule. A voir entre amis ou/et avec les enfants, qui y gagneront une belle initiation au second degré.
