Wahou... Mais Quelle claque! Comment définir un ovni cinématographique tel que GRAVITY? Allo Houston, Houston? Les spectateurs sont encore sur orbite, vous pouvez les récupérer? Ils ne veulent pas? Ok.
A ce degré de perfection et de prouesse, je n'ai pas envie de parler d'un simple film. Le dernier né du Mexicain Cuaron dépasse et déborde largement de son statut d'oeuvre du 7eme art. C'est un spectacle totale, une caméra embraquée dans le scaphandre de deux aventuriers du grand vide. Une pluie de bruits intersidéraux et d'absence de sons, assez flippant tout ça non?
Comment définir Gravity? Le script à l'air simple sur le papier mais c'est un peu l'arbre qui cache la forêt, la partie visible de l'iceberg, le... d'accord j'arrête mes métaphores. Le sujet semble donc limpide, c'est l'histoire d'une sortie de routine dans l'espace (pour installer un nouveau programme sur une station de la nasa) qui vire au cauchemar. L'odysée de deux spationautes dérivant dans le grand vide, de deux spécimens de l'espèce humaine qui découvrent le véritable sens du mot survie. Mais que peuvent-ils tenter? Crier à l'aide? Il n'y a pas de sons dans l'espace. Nager jusqu'à la rive? Il n'y a pas de terre ferme dans l'espace. Alors quoi? Se rendre compte à quel point l'homme est un animal terrestre qui a besoin de sentir quelque chose sous ses pattes et mettre toutes ses forces dans la recherche d'une sortie de secours? Oui et non. Abandonner serait tellement plus simple. Laisser l'espace infini nous noyer serait si facile, salutaire même. C'est précisément ce choix métaphorique qui donne de l'épaisseur au sujet de Cuaron, qui entraîne le spectateur dans une odysée de l'espace et de la pensée démunie de certitude et d'espoir. Plus de nationalités, plus de différences d'âges ou de sexes. Juste un être humain qui se retrouve piégé dans un élément qui n'est pas le sien.
Un sujet oppressant, captivant, délirant qui ne se contente pas de montrer uniquement ce qui se passe là-haut quand tout va mal. Non, le génie du réalisateur des Fils de l'Homme est d'embarquer dans l'espace sans leur demander, les pauvres spectateurs coincés dans une salle obscure. Du coup, on s'accroche à nos fauteuils comme si c'était notre unique bouée de sauvetage. Notre seul lien avec la terre nourricière. Pendant 1h30 , nous partons à la dérive avec les deux protagonistes sans pouvoir redescendre sur notre chère planète bleue. Mais comment Cuaron réaliste-il ce tour de force, cette prise d'otage de toutes les salles du monde? En multipliant les hors champs, en réduisant nos possibilités de vision. Nous voyons uniquement ce que peuvent voir les deux héros, nous ne possédons pas d'autres informations qu'eux, pas d'autre points de vues. Nous vivons en direct ce qu'ils vivent, grâce au choix de génie de filmer certaines péripéties dans le casque de Sandra Bullock. Point de vue interne donc, réduit au format d'un aquarium intersidéral : on ne voit rien et surtout on n'entend rien. Flippant non? Exceptionnel. Le spectateur ne respire plus qu'une fois sur deux et subit comme les personnages, le rouleau compresseur de l'espace.
Du jamais vu? Sûrement. Du sensationnel? Sans aucun doute. Du grand spectacle? A 100%. J'en redemande? 1001 fois oui. Et vous, vous embarquez quand?