"Il a basculé complètement dans le monde de la fiction", affirme Denis Podalydès, inquiet des derniers rebondissement de l'affaire Depardieu. "C'est la chose que je crains avec tout ça, qu'on le tue", ajoute-t-il. Interrogé lundi soir à Amiens où il mettait en scène la pièce "L'homme qui se hait" d'Emmanuel Bourdieu, Denis Podalydès a souligné qu'il "aimait Gérard Depardieu comme si c'était un fils, un fils qui fait toutes les erreurs du monde, et je les lui pardonne à l'instant où il les fait, toutes".
"D'abord je voudrais qu'il s'assoie, qu'il boive un coup, même s'il en a déjà beaucoup bu, et qu'on passe un moment calme", explique-t-il. "Je lui dirais: je vais vraiment pas t'emmerder avec ça, je sais tout, et ça n'enlève rien à l'immense admiration, l'immense affection, et l'inquiétude même, parce que j'ai pas envie qu'il meure. C'est la chose que je crains avec tout ça, qu'on le tue."
De son côté, Elisabeth Depardieu s'est confié à Marc-Olivier Fogiel, ce week-end sur RTL. "Tout le monde s'en sert. Il sert à dire le mécontentement. Les gens sont déchaînés parce qu'il représente beaucoup, il représente la France", affirme son ex-femme, ajoutant qu'il aurait été "si facile de le récupérer". "Il est parti parce qu'il manquait d'attention, d'amour. Quand il se sent refusé, il devient provocateur et le pire de ce qu'on imagine. Il va essayer de ressembler à ce dont on a peur", a-t-elle dit.
"S'il se sent obligé de partir, c'est qu'il y a quelque chose qui ne va pas"
Pour Denis Podalydès, "Gérard Depardieu n'est pas un élément dans le paysage cinématographique, c'est le paysage lui même, comme Victor Hugo a été le paysage de la littérature française ou Proust". "C'est même pas le plus grand, c'est celui par rapport auquel tous, on s'est déterminés. Moi j'avais deux paysages, deux acteurs paysages, j'avais Gérard Desarthe, et j'avais Gérard Depardieu, deux acteurs qui ont inspiré toute l'admiration dont j'étais capable, toute l'affection", explique l'acteur et metteur en scène.
Elisabeth Depardieu a raconté que son ex-époux " a toujours travaillé et n'a jamais pris un jour de vacances de sa vie. Il n'a pas du tout envie de mettre en danger ses entreprises. S'il se sent obligé de partir, c'est qu'il y a quelque chose qui ne va pas". Elle s'est aussi déclarée "énormément" choquée par le mot "minable" employé par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, à propos du comportement de l'acteur.
"Naturellement, citoyennement parlant, chacune des condamnations (de l'attitude de Depardieu) se comprend, mais moi je lui pardonne tout dans la seconde", conclut Denis Podalydès.
